‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 158 sur 224 · SOUFFLOT A MARIGNY · texte numérisé non relu

SOUFFLOT A MARIGNY

Paris, ce. 22 juillet 1768.

Monsieur, j'ai l'honneur de vous envoyer ci-joint les deux mémoires de M. De Lessarl, successeur de M. Meriel, et la réponse des trois entrepreneurs des Gobelins. J'ai eu celui de

(1) Cf. le Journal de Soufflot, 4 juin 1768 : « M. Mériel a eu en effet une attaque qui doit lui faire désirer du repos et un genre de vie au moyen duquel il puisse se rétablir et parer à des rechûtes. Il a toujours bien fait les fournitures et s'est constitué depuis longtemps dans des avances très considérables ; il est dans le cas de mériter les bontés de M. le Directeur général pour une augmentation de pension et pour la rentrée des fonds qu'il a avancés pour le service du Roi, que le successeur qu'il propose paraît en état de faire ; mais sur le désir qu'il a d'être aussi chargé de la teinturerie des soies, MM. les inspecteurs et entrepreneurs des Gobelins font' des observations qui méritent attention, soit pour la sûreté des drogues, soit pour la délicatesse et la beauté des nuances et la conservation des étoffes destinées aux tapisseries ; en conséquence, ils s'occupent de faire un mémoire par lequel ils comptent établir leurs raisons et leurs moyens, de manière à déterminer M. le Directeur général à prendre pour cette manutention un plan nouveau qui tendra, selon ce qu'ils avancent, à l'avantage de la manufacture. »

(Arch. Nal. O1 1554).

vous rendre compte de leur premier mémoire par une lettre datée du 25 juin ; ils m'y paraissaient fondés, sur de bonnes raisons, dans les demandes qu'ils faisaient à l'égard de la teinturerie ; M. De Lessart ne me paraît pas penser de môme ; mais je vois les uns guidés uniquement par l'intérêt de la manufacture, et l'autre conduit, comme cela arrive assez communément, par l'intérêt personnel. Je crois bien qu'il pense, Monsieur, pouvoir Pallier avec l'autre ; cependant il me semble que les entrepreneurs ont raison d'avancer que le service de la manufacture sera toujours beaucoup mieux fait par les compagnons teinturiers, s'ils y sont uniquement voués, et qu'il résultera un très grand bien et de l'économie des différentes opérations auxquelles on pourra les occuper, lorsque le service pour le dehors leur sera interdit. Je vois au surplus dans les mémoires de nos entrepreneurs de bons motifs et de la modération dans leurs défenses, et dans ceux de M. De Les» sart plus de verbiage que de raisons, et une chaleur peu convenable contre des personnes dont l'honnêteté est connue.

Archives Nationales, O1 2046.

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