SoUFFLOT A MaRIGNY
Paris, le 18 août 1768.
Monsieur, j'ai eu l'honneur de vous faire part verbalement de la vente de deux pièces d'après M. Boucher, le Lever et le Coucher du soleil, et de la nature du paiement, savoir la sommede3.3661ivres 6 sols 10 deniers payables le 20 novembre prochain et peut-être même plus tôt ; le tout faisant la somme de 6.966 1. 6 s. 10 d. au lieu de celle de 7.000 1. à laquelle vous les aviez laissées à M. de Schouvalof qui ne les prit pas vers la fin de l'année 1766. Il y a eu encore un peu de retraite depuis cette époque ; ainsi le prix actuel est au moins égal à celui pour lequel M. de Schouvalof les refusa, n'en voulant donner que 6. 000 livres; j'ai l'honneur, Monsieur, de vous en envoyer l'état, afin que vous ayez la bonté de donner Tordre pour la délivrance. Il reste dû, d'anciennes gratifications pour de pareilles ventes, plus de 2.000 livres à Messieurs des Gobelins ; ils vous seraient très obligés si votfs vouliez bien les faire payer sur cette somme de 3.600 1. que M. Neilson remettra au trésorier sur votre ordre en gardant le billet jusqu'à son échéance (1).
Archives Nationales, O1 2046.
181, — Marigny a Soufflot
Du 19 août 1768.
J'ai reçu, Monsieur, votre réponse sur le mémoire des entrepreneurs de la manufacture des Gobelins par lequel ils me
(1) Celte lettre, ainsi que la réponse approbative de Marigny, a été publiée dans Fenaille, op. cit., vol. III, p. 185-187.
demandent quelques nouveaux tableaux pour exécuter des tentures d'un genre moins sérieux et de moindre grandeur que la plupart de celles qu'on y exécute ordinairement, et qui remplissent ses magasins. Quand même les circonstances actuelles n'obligeraient pas à faire des efforts pour occuper autant qu'il sera possible les entrepreneurs à remplir les demandes particulières, le changement qui s'est fait depuis quelques années dans le goût et dans la distribution ainsi que l'étendue des pièces des appartements exigerait des changements dans le genre et les dimensions ordinaires des tentures ; ainsi la demande des entrepreneurs de la manufacture me paraît bien fondée, et, pour commencer à y avoir quelque égard, je consens àl'acquisitiondes deux tableaux de M. Belle. Vous pouvez en conséquence lui dire qu'il fournisse son mémoire de ces tableaux, dont je lui ferai faire le paiement à la première circonstance favorable, afin qu'il puisse en rembourser à Mrae Peire le prix qu'il en a reçu.
Je goûte aussi la proposition que vous me faites d'une tenture en pastorale avec peu de figures dont le paysage serait fait par M. Julliard et les figures par M. Belle ; je vous autorise à leur demander quelques esquisses d'après lesquelles je puisse juger de leur effet (1).
Archives Nationales, O1 1118.
(1) Un modèle de Belle, Psyché contemplant l'Amour Endormi, joint à des modèles de Boucher : Jupiter transformé en Diane pour surprendre Callisto, quatre tableaux tirés de VAminte du Tasse et deux médaillons d'Enfants, complétèrent la Tenture de Boucher. Certains modèles exécutés pour les Gobelins avant 1789 avec les paysages de la main de Julliard sont des agrandissements des tableaux de Boucher destinés à être copiés isolément sans les alentours de Maurice Jacques ; ce sont sans doute des copies de Belle. — Sur ces tentures exécutées par Pseilson d'après les modèles auxquels avaient collaboré Boucher, Belle, Julliard peintre de paysage, Jacques et Tessier peintres de fleurs, voir Fenaille, op. cit , vol. III, p. 280-298. — Le détail de cette collaboration, qui a produit d'exquis chefs-d'œuvre, reste encore à débrouiller.