‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 185 sur 224 · Soufflot a Marigny · texte numérisé non relu

Soufflot a Marigny

Paris, 29 mai 1771.

Monsieur, j'ai été obligé de prêter à M. Duvivier de quoi «donner une partie de leur semaine à ses ouvriers qui mourront de faim à présent, si vous ne pouvez pas le mettre en état de les payer. Pour moi, Monsieur, je l'ai bien prévenu que je ne pouvais lui rien prêter de plus, puisque je serai moi-même dans le cas d'en emprunter si on ne m'en rend pas des Gobeîius, ou s'il ne me vient rien des Bâtiments par lesquels il m'est dû plus de soixante et dix mille livres. Je m'occupe avec les entrepreneurs des deux manufactures de l'arrangement d'une loterie que vous trouverez peut-être favorable à leur maintien ; mais si, en attendant que les fonds en viennent, vous ne pouvez pas les secourir promptement, il est certain qu'elles tomberont ces jours-ci, parce que tous sont aux abois (I).

Archives Nationales, O1 1554.

(1) Cf. le Journal de Soufflot : «Ecrit le samedi 28 août 1771 à M. Guvillier que j'avais reçu les ordonnances des Gobelins, dont M. Faure (le trésorier des Bâtiments) avait prêté à peu près le montant à M. Audran et Cozette ; que j'avais déjà été obligé de prêter pour l'autre semaine sur ce qu'on avait dit au Trésor royal qu'il y avait pour cinq à douze mille livres de versées sur nos trésoriers ; que s'il ne venait pas d'autre secours, tout tomberait, et qu'on n'aurait pas à s'en prendre à moi ». (A. N. O' 1554). — Cf. une lettre de Marigny à l'abbé Terray du 13 avril 1772 : « Les manufactures des Gobelins et de la Savonnerie sont bientôt horsde service », et une autre de Soufflot àCuvillier (premier commis du bureau pour la confection des états et ordonnances), du 9 octobre 1772 : « M. Audran entre ; il m'exprime son embarras pour sa semaine demain ; vous savez ma situation et l'impossibilité où je suis de le secourir. D'autre part, selon cette lettre, je n'espère pas recevoir rien pour lui de votre côté demain matin; de tout cela il va en résulter, par le manque de la paie des ouvriers, le mal que j'ai paré samedi dernier ; mais ce ne sera pas ma faute ni la sienne, puisqu'on lui doit très gros et qu'on

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