Marigny a Soufflot
A Versailles, le 7 décembre 1772.
J'ai reçu depuis quelque temps, Monsieur, des plaintes assez vives de la part des ouvriers en^basse lisse de la manufacture des Gobelins qui demandent que leurs ouvrages, à cause des sujétions introduites par M. Neilson, leur soient payés au même taux que la haute lisse, et en second lieu qu'ils restent chargés du soin de faire des élèves. Par quelques éclaircissements que j'ai déjà pris sur le fondement de ces plaintes, j'ai lieu de croire que, quoique la prétention de porter le prix des ouvrages de basse lisse au même taux que ceux de la haute soit inadmissible, il y a néanmoins, et de l'aveu des entrepreneurs même, dans le prix des ouvrages de la basse lisse une disproportion trop considérable avec celui des ouvrages de la haute qui est en général double ; il est en conséquence nécessaire de faire au tarif des ouvrages de basse lisse une augmentation tellement combinée qu'elle mette un ouvrier bon et assidu en état de vivre. Je vous charge de prendre sur cela avec l'inspecteur de. la manufacture et les entrepreneurs tous les renseignements nécessaires, de projeter un nouveau tarif et de me l'adresser avec une explication des motifs de ces augmentations ; lorsque je l'aurai examiné et approuvé, je le ferai imprimer et afficher pour servir de loi à l'avenir.
Quant à la suppression du séminaire des élèves, c'est une chose à laquelle je ne me prêterai point, l'expérience ayant appris qu'il n'est presque jamais sorti un bon élève de la main des ouvriers de basse lisse.
Archives Nationales, 0' 1123.