Marigny a Soufflot
A Compiègne, le 15 juillet 1757.
Vous m'avez demandé, Monsieur, par votre lettre du 28 du mois de mai dernier pour le sieur Gauget le logement du sieur Perron orfèvre aux Gobelins lorsqu'il vaquerait ; le plaisir que j'ai à vous obliger m'engagea à vous écrire le 5 juin dernier que vous pouviez le lui promettre et l'assurer qu'il serait pour lui, mais le sieur Perron vient de me représenter dans un placet que je joins à ma lettre, que suivant l'Edit d'établissement de cette manufacture, outre la maîtrise qu'il a gagnée en vertu de l'art. 10 de l'édit, (2) l'usage constant de
(1) Pour servir au château de Versailles. — Voir Fenaille, op. cit., vol. II, 1904, p. 42.
(2) Comme « ayant travaillé sans disconlinuation dans la manufacture pendant six ans ».
cette manufacture y a toujours conservé un logement aux deux plus anciens orfèvres, et que, se trouvant actuellement le plus ancien, il a lieu d'espérer que je lui accorderai la même grâce dont ses prédécesseurs ont joui. Je ne désire rien tant que de vous obliger, mais toujours sauf le droit d'autrui et la justice que j'aime à rendre à qui elle est due ; mandez-moi votre sentiment sur les représentations que me fait le sieur Perron, et si l'usage constant de la manufacture des Gobelins est tel qu'il l'expose dans son placet.
Archives Nationales, O1 2044.