SOUFFLOT A MaRIGNY
20 mars 1759.
Monsieur, la haute lisse va manquer d'ouvrage aux Gobelins ; je pense que ce qui conviendrait le mieux pour occuper les ouvriers serait de remonter une tenture à'Esther qui sera la 7% d'après les tableaux de M. de Troy qui sont toujours en bon état. On a fini la tenture de Don Quichotte que vous aviez ordonnée pour M. le Comte de Woronzow, ainsi que les fauteuils, canapés et écrans. J'ai appris ces jours derniers de M. Boufïé, banquier, que M. Michel avait chargé de faire partir ce qui nous reste, que ce qui avait été livré l'année dernière était dans un vaisseau qui avait échoué du côté de Hambourg ; il ignore encore, Monsieur, si la pièce principale et
les fauteuils et sopha qui étaient de cet envoi seront perdus ; il espère môme qu'ayant été encaissées avec soin elles n'auront peut-être pas été gâtées, si elles n'ont pas resté longtemps dans l'eau. Je lui demandai s'il avait des ordres pour le départ de ce qui nous reste ; il n'en a point, il espère que M. Michel viendra bientôt; ainsi, Monsieur, à moins qu'avant son arrivée il ne lui vienne quelque lettre pour cela, je ne vous demanderai pas vos ordres pour la délivrance, et on les mettra en magasin dans la manufacture (1).
Archives Nationales, O1 1691.