‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 61 sur 224 · SOUFFLOT A MAR1GNY · texte numérisé non relu

SOUFFLOT A MAR1GNY

Paris, le 22 août 1759.

Monsieur, j'ai l'honneur de vous envoyer le récépissé de MM. Bouffé et Dangirard des tapisseries et meubles de la manufacture royale des Gobeiins qu'on leur a livrés suivant vos ordres pour envoyer à Son Excellence M. le Comte de Woronzow (3). Les deux premières pièces ont été réunies en une, suivant les mesures que M. Michel en avait données, et les portions de bordures qui en ont été ôtées parce qu'elles y devenaient inutiles sont restées au magasin, pour en faire usage en les rentrayant à des pièces dont on ne fera pas la bordure sur le métier. Les deux autres pièces ont aussi été

« à faire des tapisseries et dont M* Bailly a remis copie aux bureaux des « Bâtiments le 12 mai 1759 : V Attila. La Bataille de Constantin. La Dis- « pute du Saint- Sacrement. Le Baptême de Constantin. Le Parnasse. L'Ap- « parition de la Croix à Constantin. Le Miracle de la Messe. L'Ecole « à" Athènes. V Embrasement du bourg Saint- Pierre. L'Héliodore. »

(1) Ulric -Frédéric Woldemar, comte de Lowendal, nommé maréchal de France après la prise de Berg-op-Zoom en 1747, était mort au palais du Luxembourg en 1755. Marigny avait fait décider, au travail du 6 août 1758, que l'on ferait de son appartement a un magasin pour y déposer les tableaux du Roi qu'on ne pouvait exposer à la vue des étrangers dans la salle des tableaux à Versailles, l'emplacement n'étant pas assez grand ».

(2) Réponse de Marigny le 19 mai : « Vous pouvez faire travailler à la tenture d'Esther » (A. N. OlU5S).

(3) Voir supra, lettres du 24 août et du 12 septembre 1758.

loi —

rentrayées pour les ajuster aux places pour lesquelles elles étaient un peu trop grandes ; c'est au moyen de ces opérations que Ton est parvenu à livrer, suivant la demande, cette tenture qui aurait exigé bien du temps pour la faire exprès, comme on a fait les six trumeaux. 11 suit de tout cela, Monsieur, que les mesures portées sur la demande de l'ordre de délivrance et sur le récépissé ne sont pas conformes aux pièces telles qu'elles ont été livrées, mais telles qu'elles étaient lorsqu'on les a levées de dessus les métiers et mises en magasin ; cette forme étant nécessaire pour la décharge du concierge, qui n'a à rendre compte pour la différence que des deux bordures qui lui sont restées. Cette discordance de la mesure réelle des pièces et de la mesure portée sur les ordres que vous donnez pour délivrer au Garde-Meuble existe même pour les pièces auxquelles il n'y a rien à rentrayer ou à diminuer, parce qu'elles se retirent pendant quelque temps, après qu'elles ont été levées de dessus les métiers, et perdent quelquefois jusqu'à un seizième et plus par aune, différence qui se trouve par conséquent entre la mesure que je prends pour régler avec l'entrepreneur sitôt que la pièce est finie, et la mesure qui existe lorsque Ton délivre au Garde-Meuble un an ou deux après ; que ne ferait pas la décharge valable du concierge, puisqu'il ne l'aurait que de quinze aunes de cours lorsqu'il aurait été chargé de seize qui existaient réellement quand les mesures ont été prises. J'ai eu l'honneur de vous faire plusieurs fois ces observations verbalement ; je profite, Monsieur, de cette occasion de vous les faire par écrit, parce qu'il est utile que vous soyez informé de ces sortes de détails.

Archives Nationales, O1 2044.

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