SOUFFLOT A MâRIGNY
Paris, le 26 février 1760.
Monsieur, je vois les entrepreneurs des Gobelins prêts à succomber par la détresse dans laquelle ils se trouvent ; je 'eur fournirais avec plaisir des secours, comme je l'ai fait Tannée dernière, si j'en avais les moyens ; mais il ne me reste que de la bonne volonté. Il n'est pas possible que ces deux manufactures subsistent sans argent, puisqu'il en faut aux ouvriers tous les samedis suffisamment au moins pour qu'ils ne meurent pas de faim en travaillant; je vous supplie donc, Monsieur, de voir quel parti il vous plaira que Ton prenne, s'il n'y a pas d'espérance d'obtenir des fonds. Je voudrais pouvoir me dispenser de renouveler vos inquiétudes sur ces établissements ; mais je ne crois pas devoir vous laisser ignorer celles que me cause la fâcheuse situation dans laquelle je les vois, n'y pouvant plus remédier par moi-même (1).
Archives Nationales, O1 2045.