Makigny a Soufflot
' Du 11 juillet 1763.
Par votre lettre du 30 du mois dernier, Monsieur, vous m'avez appris la mort du sieur Le Clerc, professeur du dessin concernant les ouvriers et apprentis tapissiers à la manufacture royale des Gobelins. Je sens la nécessité de lui donner pour successeur un homme capable de le remplacer avec succès, et je pense ne pouvoir faire un meilleur choix que celui du sieur Belle, auquel j'accorde cette place et les appointements de 1.000 livres, à condition que le sieur Le Clerc jouira pendant sa vie de 300 livres, qui seront prélevées sur les appointements de 1.000 livres, en sorte qu'il ne restera que 700 livres pour le sieur Belle ; mais le décès du sieur Le Clerc arrivant, les 300 livres prélevées sur les 1.000 livres seront réversibles au sieur Belle. Sur les bons témoignages que vous m'avez rendus plusieurs fois du sieur Boizot, je me fais plaisir de le faire passer à la place de professeur de l'Ecole des élèves rétablie dans cette manufacture avec les 100 livres qui y sont attachées. Quant à la veuve Le Clerc, je vous ferai part incessamment de son sort ; en attendant elle et son fils jouiront d'une portion du logement qu'ils occupent seuls encore ; vous en ferez la distribution, et si la partie qui restera est
(1) Cf. le travail du Roi du 5 mai : « Vendre toutes les anciennes tapisseries des Gobelins dont on pourra se défaire à un tiers moins de leur prix ».
suffisante pour loger le sieur Belle, il l'habitera ; si au contraire elle n'a pas assez d'étendue pour lui et sa famille, vous m'en proposerez la distribution en faveur d'un autre habitant des Gobelins digne de récompense. Les décès de la veuve Le Clerc et de son fils arrivant, le logement entier reviendra au sieur Belle, et celui qu'il se trouvera occuper alors aura la destination que les circonstances pourront déterminer (1).
Archives Nationales, 01 1110.
Du 16 juillet 1763.
Je vous envoie, Monsieur, copie d'une lettre de M. le duc de Praslin en réponse à celle que je lui avais écrite conséquemment à la partie de la vôtre du 29 du mois dernier, concernant le transport de quelques tentures de tapisseries des Gobelins à Londres. J'y joins un extrait de celle que je viens de recevoir de M. le comte de Guerchy (2) sur la conduite à tenir pour les y faire parvenir ; l'une est demandée par M. Franklin et destinée pour Mylord Tynley (3). Vous verrez par ces deux pièces que ces Messieurs sont également disposés à prêter leurs secours pour en procurer à nos manufactures, mais il convient aussi de notre part de prendre des mesures qui cadrent avec leurs observations ; pour y parvenir plus sûrement, ayez agréable d'aller voir M. le comte de Guerchy à qui je vous annonce par ce même courrier, afin de concerter avec lui les moyens de satisfaire à ce qu'il juge le plus à propos
(1) Lettre analysée dans les Nouvelles Archives de l'Art Français, t. I, p. 328, par J.-J. Guiffrey.
(2) Nommé ambassadeur en Angleterre le 17 avril précédent.
(3) Huit pièces des Nouvelles Indes. Voir Fenaille, op. cit., vol. III, p. 57.
pour sans inconvénients remplir notre projet, s'il est possible, et profiter en même temps de sa bonne volonté. Vous m'informerez du résultat de votre démarche.
Archives Nationales, O1 1110.
. 107. SOUFFLOT A MAR1GNY
Paris, le 11 août 1763.
Monsieur, le portrait du Roi est fini aux Gobelins, on le met sur châssis ; et comme il s'est trouvé à Versailles une bordure de pareille grandeur, elle pourra servir pour le mettre au Salon sans y rapporter celle de M. Guibert qui pourrait souffrir du transport.
Archives Nationales, Ot 1547.