‹ Correspondance de Théodore JouffroyChapitre 17 sur 57 · Lettre à Dubois, du 15 février · texte numérisé non relu

Lettre à Dubois, du 15 février

DE THÉODORE JOCIFHOY 37

donne. La paix qu'on y respire lui va à Tâme et la pénètre. Il s'y arrêterait volontiers, et dirait comme Pierre dans l'Evangile: « Seigneur, nous sommes bien ici, faisons-y trois tentes. » — « Cette solitude est ravissante, écrit-il ; elle donne Tenvie de laisser le monde et de se consacrer à Dieu ^. »

ni

H était impossible qu'à la date où ces lettres sont écrites, à celte période de fièvre de la Restauration, la politique ne trouvât pas sa place dans les libres épancliements de jeunes liommes, tels que Dubois, Damiron et Joulfroy; il ne se pouvait pas davantage qu'un esprit sincère et puissant comme JouiTroy ne cherchât pas à rattacher ses opinions à des principes et, en politique comme ailleurs, à asseoir ses convictions sur des vérités philosophiques. La chose vaut la peine d'y insister: là encore, nous retrouvons, avec cette apparence de scepticisme et cette pointe d'ironie envers lui-même qu'il porte en toutes choses, la profondeur d'analyse et la hauteur d'âme de Jouiïroy.

On devine aisément que, par la nature de son esprit comme par toutes les tendances de son caractère indépendant et fier, il devait être porté vers le parti doctrinaire.

C'est dans la lettre du 24 janvier 1818 qu'il parle pour la première fois politique avec queh|ue détail.

« Il y a quatre partis dans la Chambre : J° les ministériels purs ; — 2° les ultra; — 3° les libéraux ; — 4° un parti qui s'est formé au sein des ministériels et qui prend la liberté de n'être pas toujours de l'avis du ministère, comme MM. Bourdeau, Courvoisier et autres. Ce quatrième parti a à

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