Lettre à Damiron, 5 décembre
DE THÉODORE JOUFFHOY [ti
M. Cousin, défense de sa doctrine, de ses actes, de sa personne.
Damîron a semblé croire au mauvais vouloir de M. Cousin à son égard : et Jbuffroy de lui répondre aussitôt : « Je pense que vous vous êtes exagéré les préventions de Cousin. 11 n'a pas de jugement arrêté sur vous, que je sache. 11 vous aime, j'en suis sûr. Lui reprocherez-vous, à lui qui cultive la philosophie avec de si nobles et si pures intentions, à lui qui veut répandre des doctrines élevées pour le bien de son pays, lui reprocherez- vous de vouloir bien connaître ceux qui sollicitent Thonneur d'y contribuer? Lui reprocherezvous de chercher à s'assurer s'ils le sollicitent par intérêt ou par amour de la vérité ? Lui reprocherez-vous d'hésiter à porter un jugement et d'interroger leurs lettres pour démêler leurs intentions^?» Quelques lignes plus loin, il parle de « l'aversion de M. Cousin pour toute vue intéressée », et il ajoute : « Comment pourrais-je souffrir que vous cessassiez d'estimer Cousin, si digne d'estime? »
La défense est chaleureuse, sans réserve. Elle le sera encore davantage quand, après la révocation de M. Dubois, l'attitude de M. Cousin prendra, aux yeux de quelques-uns, un certain caractère d'équivoque.
Suivant les expressions mêmes de Jouffroy, « il avait semblé commander à Dubois l'éloignement ». Jouffroy s'en étonne plus encore qu'il ne s'en indigne, et il écrit à son ami : « Ce que vous me dites de Cousin me fait beaucoup de peine. Si les événements ne viennent pa.-i le ressusciter, je crains qu'il ne succombe. Où est donc son énergie? Son courage serait-il de nature à ne pa?< convenir dans les temps d'oppression? Faut-il que je change les idées que je m'étais faites de lui ? Tombe-t-ii donc au niveau du vulgaire lui qui le surpassait de si