‹ Correspondance de Thomas Lindet pendant la constituante et la législativeChapitre 189 sur 217 · CCXVI. — Au même, Bernay, le 9 mai · texte numérisé non relu

CCXVI. — Au même, Bernay, le 9 mai

Mon frère, six bataillons de gardes nationales passent successivement par Bernay et vont aux frontières. Un bataillon de Bretons était hier ici et a recherché les armoiries. Il a arraché quelques débris qui étaient encore à l'autel de Sainte Croix, et à l'aigle ou lutrin. Il manqua de s'élever une querelle à la maison commune sur laquelle se trouve encore le lion de gueules (i). Les volontaires bretons voulaient l'enlever : les sentinelles ne voulurent pas et menacèrent de faire feu. L'on disputa longtemps; les gardes nationales de Bernay convenaient

(i) Armoiries de la ville de Bemay.

LÉGISLATIVE (l6 MAI 1792) 347

qu'il fallait enlever ce reste de l'ancien régime, mais ils disaient qu'ils ne permettraient pas que les Bretons l'enlevassent de force. Tout fut apaisé et la municipalité a fait enlever le lion ce matin.

Il serait bien important d'approfondir ce qui s*est passé en Flandre. La cour et les officiers qui lui sont dévoués vont demander des règlements sévères. Ils veulent que les chefs soient en sûreté. Quand les chefs seront tous patriotes, ils n'auront rien à craindre. Le premier essai de nos forces n'est pas heureux : il prouve qu'on n'est pas sûr de la tendance dans le même sens du gouvernement, des généraux et des soldats.

L'abbé Maury est donc pourvu d'une nonciature.

L'Assemblée fait trembler le clergé, quand elle parle de projets contre lui. Les ecclésiastiques amis des lois sont bientôt aussi consternés que les autres.

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