‹ Correspondance de Thomas Lindet pendant la constituante et la législativeChapitre 197 sur 217 · CCXX.V. — Au même. Bernay^ le iç juillet · texte numérisé non relu

CCXX.V. — Au même. Bernay^ le iç juillet

Mon frère, j'ai fait encore une tournée par Damville, Bourth, Rugles, la Barre. On se plaint partout des aristocrates comme des sorciers et du loup-garou. Cette espèce d'animaux devient rare dans le pays ; on fait la guerre aux curés suspects de cette maladie.

Toutes les idées sont confuses. On a une disposition aux élans patriotiques, au courage. On exterminerait les ennemis du bonheur public : mais on est inquiet, ballotté, incertain ; on croit qu'on ne doit pas être vaincu, on voit qu'on peut l'être.

La cour met de la fermeté en proportion de la faiblesse et de l'indécision de l'Assemblée. La France est sans ministres. Où est la responsabilité ? Les armées sont sans généraux, et on dit l'ennemi aux portes. L'ennemi n'est pas aux portes, il est dedans. Le pouvoir exécutif ne veut

xien exécuter. La Fayette a attiré Luckner à Paris , pour éluder Taccusation dont il était menacé, pour méditer à son aise les moyens d*en mériter une plus complète.

Le roi a appris qu'il peut se montrer; mais le temps est passé où la présence d'un automate couronné occasionnait Tivresse et Tengouement. Luckner et La Fayette étaient là pour régler les mouvements de Tarmée intérieure : ils cherchent à capter la confiance des nouvelles troupes, où à les dissiper par la défiance.

Nous n*aurons pas d'armée : comment aller à une armée dont les chefs vous repoussent, dont toute la hiérarchie est plus à redouter que l'ennemi ?

Les corps administratifs sont infectés; toute puissance de requérir leur appartient : que requerront-ils? Je suis singulièrement fatigué de demandes de vicaires et desservants, et je ne sais comment j'en ferai.

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