INTRODUCTION V
sa correspondance. Il écrit au jour le jour, sous l'impression du moment ; il fait part de ses rêves de philosophe chrétien en vue de la réiormation de TÉglise de France. Il applaudit, en patriote, à la vente des biens du clergé et à la création des assignats ; il s'étonne de la résistance des Maury, des Cazalès et s'indigne de leur opposition. Il prend une part active au vote de la constitution civile du clergé et rédige une Opinion (i) pour justifier la légitimité du serment. Nommé, malgré sa répugnance pour ces fonctions, évèque constitutionnel de l'Eure (15 février 1791), il partagea son temps, jusqu'à la fin de l'Assemblée constituante, entre les soins de son diocèse et ses devoirs politiques de député. j
Il quitta alors Paris dans les premiers jours d'octobre 1791 et revint séjourner dans l'Eure, tantôt à Évreux, chez M. Passot, tantôt à Bernay. Le département se refusait à lui céder l'évêché pour logement. Malgré cette existence un peu vagabonde, la correspondance demeura active entre Tévôque et son frère Robert, que les électeurs de l'Eure venaient d'envoyer siéger à l'Assemblée législative. La journée du 10 août ne le surprit point, et c'est à notre évêque qu'est due Tadhésion donnée à cette journée révolutionnaire par le directoire notoirement monarchiste du département de l'Eure. Nous publions 45 lettres écrites pendant cette période d'une année (de septembre 1791 au 17 septembre 1792). Elles renferment de piquantes révéla-
(i) opinion de Th. Lindety curé de Sainte-Croix de Berna/, député du département de VEure à t'Assemblée nationaie, sur ta prestation de serment ordonnée par le décret du 27 novembre; impr. Devaux, in-8, de 16 p.