‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 12 sur 226 · AU CONNETABLE · texte numérisé non relu

AU CONNETABLE

10 mai 1do3.

Monseigneur, estant arrivé en ce lieu j'ay trouvé suyvant une lettre que le roy escript au sieur de Bourdillon (1) que le cappitaine Guillenton avoit esté icy de sa part pour faire remectre les places d'Estain, Malatour et Conflan (2) entre les mains de Monseigneur de Lorrayne, ce que j'ai differay jusques à ce que je vous aye faict entendre ce que importent lesdictes places ; pour ceste ville^ qui est que presque tous les villaiges qui en deppendcnt sont delà les

(1) Imhert de La Pl.itière, gpif^ucur de Bourdillon, maréchal de France en 15GÎ, mort le 4 avril 15G7; il était alors lieutenant du duc de Neverà dans son ptonvenicintnt de Clmni|>ap;ne.

(2) Elain, Mars-la-Tour et Conflaus, dans l'arrondissement artu<^l de Briey (McurlliC'el-Moselle).

boys, desquels les ennemys seront les maistres ou du moins les empescheront, de sorte que cela romproyt nostre marche, et ne pourrions plus avoir vivres ny corvées, qui nous pourroit faire tomber en grande nécessité. Quant à Mallatour, la femme de monsieur de Clermont le tient en douaire; après sa mort vient à monsieur de Pussi et autres gentilzhommes de Luxembourg et ne fut jamais tins de Monseigneur de Lorrayne, synon despuys ses dernières guerres que pour estre neutres ilz en ont obtint une saulvegarde. Par avant se sont tousjours dictz de franc-alotz, et en querelloient le fief Tévesque de Mectz et celluy de Verdun. La place est assez bonne pour avoir honneste composition de ceulx qui Fassauldront. Messeigneurs de Lorrayne ne sçavent qu'ilz demandent, car sans les garnysons qui sont ausdictes places tout le pays de la Voysvre (1) et ce qui est delà les boys fiist sacagé tant des ennemys que d'une infinité de volleurs. Il vous plaira, Monseigneur, me commander vostre volonté. Au demeurant, Monseigneur, j'ay receu les lettres que m'avez escript par Jozef Chevallier. Les commissaires des vivres sont icy faisant leur charge, et leur ferons délivrer les municions suyvant le marché qu'en avez faict. Je y tiendray la main pour le service du roy en ce qui me sera possible, et vous en advertiray bien au long de tout. Quant à nos réparations, les deux mil francz que nous feistes délivrer au moys de mars sont despenduz et

(I) Le paya de Volvre, h VE de Saint-Mihiel.

8 COnRESPOiNDANCE

fort bien employez. Il vous plaira nous en faire délivrer cVautrcs, alTm de continuer noz ouvraiges.

Du X" may 1553.

Bibl. Nut. — Fonds français. — Ma. 4G3!, f. 8, — Minute.

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