AU DUC D'AUMALE
Juillet 1564.
jMon seigneur, mon guydon me vint retreuver au soir et me fit entendre le désir qii'aviés que vous envolasse Yen toux. J'ay envoyé toute la nuict en sa maison ; il est en la Conté avec Monsieur de Vergy, pour rendre la tutelle de ses nepveus. Quant à vous envoyé de ceulx de ma compaignie, la pluspart reviennent de Crevant (1) et sont retirez en leurs maisons. Je leur ay escript, affin de vous aller trouver; mais j'ay grand peur que nous ne les puissions ravoir si soudain. Ceulx de Gascoi^ne ont esté contrainrtz s'en aller par nécessité d'argent. Si la bande de Monsieur de Vaudémont qui est en quai'tier ne vient, nous sommes en danger d'estre mal accompaignez par deçà. Au demeurant. Monseigneur, j'ay prié Monsieur de La Bussière de me venir ayder pour les différendz que nous avons. Je vous supplie très humblemant le vouUoir trouver bon. Sy vous
(1) Crevaul ou Cravaul-sur-Yonne, à 19 kii. S. E. d'Auxerre.
DE GASPARD DE SAULX-TAVANES d83
avez nécessité de luy, il laissera tout pour vous aller trouver.
Monseigneur, Villcmoiron m'envoya icy dernièrement ung autour et un tiercelet, qui n'avoient point de serre, et les plus laydes bestes que vous vistes jamais, occasion que je les ay baillez à deux de mes archiers qui s'en vont en Gascoigne. Si ce eust esté chose qui vallut, je n'eusse pas failly de les vous envoyer, etn'ay ung seul oyseau qu'ung esmerillon.
Bibl. Nat. — Fonds français. — Ms. 4634, f. 20. — Minute.