AU CONNETABLE
21 mai 1553.
Monseigneur, j'ay reccu voz lettres et veu ce que me mandez touchant les gens de cheval partant de la conté de Bourgongne pour aller au service de l'Empereur qui sont soulhz la charge des seigneurs de Dissay et de Courlan, desquelz j'avoys esté adverly, et cntreprins à cest elïect avec le sieur de Vieilleville (1) d'adviscr s'il seroit possible leur
(1) François de Sceproux, siro ilo Vieilleville (1509-1^71). mnrArhnl de Fruiu'c, qIom gouvorueur dcMoU.
iO CUMllESPONDANCK
donner une extraicte. A ceste cause j'ai faict partyr ce matin ce que j'ay de ma compaignye, ensemble le sieur de Sault et la sienne, et deux cens hommes de pied, qui par mesme chemyn accompaif^^nent l'artillerye qu'il a pieu au roy me commander faire mener à Metz ; laquelle pourra servyr de coulleur pour faire la dicte entreprise. Et parce qu'il est besoing nous ayder de gens de pied pour estre trop foibles de gens de cheval, il m'a semblay estre bon faire l'exécution les trouvans au logiz ; et advions deslibéré partyr de Marsault, duquel lieu ilz ne peuvent passer à plus de quatre ou cinq lieues. Je ne m'y peuz trouver pour estre tombé quelque peu mallade depuys troys jours, et ay commandé aux susdictz gens de guerre partant d'icy obéyr audict sieur de Vieilleville. Néantmoings depuys vostre lettre receue, j'ay despeschay soudain devers le sieur de Bourdillon pour ne sçavoir où est Monseigneur de Nevers, affin qu'il puisse advertir ledit sieur de Vielleville pour par ensemble y faire pour le myeulx; j'en ay aultant mandé audit sieur de Vielleville.
Au demeurant, ^fonseigncur, le marchant des vivres est icy qui faict cribler lesbledz cty besongne de façon que si on lui veuK souffrir il en pourroyt demourer de déchet ung tiers; mais j'ay advisé, si vous le trouvez bon, actendre qu'il a marchandé de payer le criblaige de faire recribler ce qui laisse encores deux foys. Il baillera les cribleurs et je fournyray les cribles, et feray visiter après la qualité des grenes, pour l'en charger, affm qu'il les entretienne et rende pareilles. Il est vray que cella
DE GASPAliD DE SAULX-TAVANES 11
coustera beaucoup audict marchant, par quoy il vous plaira m'en mander vostre voulloir , affm qu'il ne puysse alléguer que Ton luy ayt tenu rigueur.
Monseigneur, j'ai pareillement receu les lettres que m'avez escript et au commissaire Laulnay pour faire payer les grains et vins que l'on a prins en ceste ville de l'argent prouvenant des municions ; ledict commissaire esloit party et ja à Mouzon; je luy avoys mandé qu'il revynt pour en faire faire lesdits payementz selon ce que luy ordonnez. Il n'a vouUu revenyr jusques à ce qu'il ayt esté vers vous. Il vous plaira le renvoyer pour cest effet, ou bien mander sur ce vostre voulluir, et à qui il vous plaira en donner la charge.
Du xxio may 1553.
Bibl. Xat. — Fonds f,.i:irri.,. M-^. i'î34, f. Il . — Minute.