AU DUC DE NEVERS
Vergy, 20 juin 1593.
Monseigneur, les ennemis avec quatre cens chevaulx , ciii({ ou six cens hommes de pied et trois enseignes de Suisses, roullent l'artillerie en ce pais, projeltant n'y a[)porter pas peu de préjudice au service du Pvoy et bien d'icelluy, se voullaut prévalloir de noz mauvaises intelligences qui ne sonttoutesfois telles que la résolution n'ayt esté prise mettre tous les serviteurs de Sa Majesté y estans ensemble au troisiesme juillet pour nous opposer à ceulx ce que nous pourrons (1). ]\[ais ne pouvons leur faire quitter la campagne sans l'assistance des forces des provinces voisines, vous sii[)[)liant très liumblement nous vonlloir aider des nostres le pliistost (ju'il vous sera possible, les faisant achemiiKT du costé de Semeur. Si estions bonorez de vostre présance peu de choses nous seroient impossibles, ce seroit le moien de rendre cbasruiig en son debvoir. Je me porteray toujours au mien, et à celluy que j'ay de vous rendre très humble service estant bonoré de voz commendemenlz; les attendant et responce de
(1) Cf. les Mémoires de Guii/oume de Tnvnnes, liv. iv.
la présanto, je supplie le Créateur vous conserver, Monseigneur , en parfaicte santé , heureuse et longue vie.
A Vergy, ce xx» do juin?: 1593.
Vostre très humble et obéissant serviteur,
TAYANES.
Bibl, Nat. — Fonds français. — Ms. 3631, f. 23. — Ori-inal.