A M. DE LUX
Arc-8ur-Tillo , 1 février 1609.
Monsieur, je n'ay receu de voz lettres que cejourdhuy, par laquelle me mandés que c'est l'intention du Roy que Vergy soit demantellé, ayant ordonné de me donner deux mil escus contant, et deux mil dehans ung an, et que Sa Majesté en a donné sa commission scellée adressée à ^lonsieur Le Grand et à vous en son absence et au sieur de la Fondrière l'exécution d'icelle. Je ne doubte pas que n'ayés la dicte commission, qui peult estre semblable à celle qu'avoit jà mondict sieur Le Grand à sa première venue en Bourgogne, qui estoit accompagnée d'une lettre que le lioy m'escrivoit pour lui donner advis s'il estoit utille à son service que ladicte place fust démolye ou non, voulant en estre faict ce que j'en résouldroi. Il y a apparence (pie pouvos avoir mesme lettre de Sadicte Majesté ou sur un autre slile s' adressant à moy : laquelle ayant veue, s'il vous plaist me l'envoyer, je lui leray après sçavoir l'importance au bien de sondict service et au bien du ])ays que ladicte place de Vergy soit conservée sans aucune démolition; et en représenteray des raisons si vaillablos (pie le lloy les ayant considérées ordon-
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IKMM que huliclo (lénioliLioii ne soil faiele. J'ay rendu bon compte à Sa ^lajeslé de choses de i)lus grande inipoiiance; je sauray bien faire de mesme de sailicte place et m'acquicter de robéyssance que je lui doiblz ainsy que j'ay accoustunaé. Quant aux susdictz (juatre mil escuz, j'auray tousjours plus d'égard audit service qu'à mon parlicullier. J'ay des contractz pour monstrer comme j'ay donné dix niil escuz contant pour la réduction de Vergy qui a grandement aydé à la réduction de la province. A quoy mon travail et conduicte ont aussy servy, ce qui ne se peult ignorer. Je suplie le Créateur, Monsieur, vous conserver.
A Arosur-Tilles, ce premier de febvrier 1G09.
Yostre bien liunible cousin à vous faire service,
TAVANES
Bibl. Nat. — Fonds français. — Port. Fontcltc XL, f. 99. — Copie.