AU CONNETABLE
23 scplombre 1553.
Monseigneur, j'ay receii les lettres du roy ensemble les voslres, et entendu par icelles comment les adalres dudict sieur passent tant en Picardye, Itallye comme en l'isle de Corse, et loué Dieu que l'audace des ennemys pleure sur eulx dedans les maraiz de Yallanciennes. Je ne fauldray à en advertyr noz voysins, pour leur donner occasion d'espérer estre secouruz de leur prince comme ceulx que à sa veue il laisse ruyner; et en ay adverty ung Allemant de mes amyz s'en allant à Francfort, qui est homme d'assez bon entendement, pour le publyer au lieu où il se trouvera que l'on desguyse les choses. Au demeurant. Monseigneur, j'envoyé lundy dernyer ma compaignye et soixante harquebuziers à cheval de cesfe ville, monsieur de Vieilleville m'ayant preste sa compaignye de chevaulx légiers, pareillement ung nombre d'arquebuziers, aussi quelques ungs des garnysons de Danvilliers, Jamais et Stenay, le tout courre une vallée (jui est près de Luxembour et jusques par delà le mont Sainct-Jehan et SouUyeuvre, pour essayer d'attyrer les garnysons de noz ennemys et leur donner une estraicte, ce (|ui ne se peult faire pour l'heure; (juoy voyant noz gens ramenèrent ung fort grand l)utin, ducjuel y en a de quelques villaiges subjetz au dit Luxambourg qui disent avoir une saulvegarde de Monseigneur de Nevers,
et sont aussy plusieurs autres qui disent avoir telle saulvegarde. Ad ce que j'ay peu entendre, ledict seigneur leur bailla, il y a ung an, estant en son camp à Richemont, et ce affin qu'ilz luy aportassent vivres. Je luy en escriptz ung mot et en feray ainsi qu'il plaira à vous et à luy me mander. Il y a aussi plusieurs villaiges qui se dient soubz la garde de monsieur de Lorrayne, néantmoins du fief et duché de Luxembourg, et desquels ont esté prins plusieurs prisonniers, mais ayant esté requestés par les officiers dudict sieur, je les ay tousjours faict rendre, leur remontrant toutefoys que mondict seigneur de Lorrayne se devoyt contanter de garder son pays sans garder celluy des autres. Il vous plaira aussi en ordonner la volonté du Roy et la vostre.
Monseigneur, si de fortune par cy après le camp vient à se rompre, je vous supplie très humblement, avant que renvoyer les chevaulx de l'artillerye, me voulloir faire ramener les deux canons, deux longues couUevrines et les deux bastardes, que vous me feisles bailler pour mener à Marsault; car encores avec cella ne seray-je pas fort l>ien garny.
Monseigneur, etc.
Monseigneur, il vous plaira me faire responce, car je ne distribueré point le susdict butin (jne je ne saiche vostre volonté.
Du XXIII» spplembre 1553.
liibl. Nal. — FoiiJs français. — M». 163 J, f. l'V — Muiule.
20 COnnESPONDANCE