AU DUC D'AUMALK
Dijon, 20 décombre 15u8.
Monseigneur, j'ay veu par les lettres ({ue m'avés escriptes pour la garnison de Monsieur de Nemours ce qu'il vous a pieu me mander de vostre santé qui mect longtemps à se remettre en son entier, de quoy je suis merveilleusement marri/., comme aussi sont tous ceul.\ de ce i)ays pour le dcsir ([u'il/ ont de vous y veoir. Pour vous dire Testât dr voslre gouvernement, je suis arrivé on ce liiMi il y a environ quinze jours, esi)éranl donnor ordre aux alïaires qui se présentent ot lt^vt>r K^ siège à mon frère ([ui dt^puis deux ans n'en a bougé. Lequel j'ay toutesfoys retins pour me soullaiger à cause de ma maladie,
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pour quelque temps. Les affaires qui se présentent se despechent par l'advis de vostre conseil le plus dextrement que Ton peult, au contentemant d'ung chascun ; et espère que à vostre arrivée trouvères peu de gens qu'ilz ne soyent satisfaictz. Il est vray que la noblesse est aprez a escoulter que ce sera de cest arrièreban, pour lequel ilz ont envoyé à la court et devers vous, qui leur poise merveilleusement, et ont tout leur espérance en vostre ayde. Au demeurant, i\Ionseigneur, qui ne continuera noz fortifficacions cest été ce sera ung merveilleux dommaige. Je regarderay tous les moyens que l'on pourra par deçà pour s'ayder de soy mesme et pouvoir demander quelque chose au Roy, afin d'y commancer à besoigner sur ce moys de mars, dont je ne fauldray vous advertir d'heure à aultre, comme aussi de ce qu'il surviendra. Monseigneur, cependant il vous plaira me commander vostre volunté à quoy je obéiray bien humblement, priant le Créateur qui vous doint très bonne et longue vie.
De Dijon, ce ix décembre 1558.
Bibl. Nal. — Fonds français. — Ma. 4631, f. 43. — Minute.