‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 39 sur 226 · AU DUC DE GUISE · texte numérisé non relu

AU DUC DE GUISE

Juillet 1560.

Monseigneur, estant sur le poinct de faire les monstres des morte paye de ce pays, il m'on faict

(!) François II.

entendre que de tous temps ilz ont accoustumer, ne pouvant enrôler entre deulx monstres, sy l'ung d'entre eulx vient à mory, faire faire son guet par ung aultre soldat, de jour et de nuict, duquel guet puis après venant la monstre ledict soldat estoit payé des deniers revenant du mort, à raison de trois soiz quatre deniers pour chacun guet; à quoy je n'ai vouUu toucher sans ordonnance du Roy, combien qu'il semble estre chose bien raisonnable, parce que venant les monstre sy loing à loing qu'elle viennent, et qu'il en meurt plusieurs entre deulx monstre, et à sce moyen les aultres seroient tropt foUez desdicts guet. Il vous plaira y avoir esgard en atendant qu'ilz soient mieulx payez de trois année qui leurs sont dheue, et me faire envoyer une ordonnansse tant pour le passé que pour l'adven. Il ly a une merveileuse pitié en eulx ; ils soUoyent aussy payer les guet de ceulx qui sont cassez pour avoir failly.

Au demeurant, monseigneur, il vous plaira m'euvoyer Testât de ceulx que le Uoy entend estre entretenuz dans les places; car je n'en ay heu aucune ordonnance, ny pareillement les commissaires, etne S(;ay l'on en quelle i)laces et combien l'on en doit retegnir. Le trésorier n'a apporté à beaucoup près l'argent du nombre (jui avoit acoustumez.

Monseigneur, je vous avoie escript ses jours passez pour une place d'ung a(jucîl)utier île voslre garde, le(]uel avoit obtenu une letlri' de vous [)our estre pourveu, ce que j'ay tousjours dilVéré, atenilant «pie m'en lissiez encores une recharge, parce qu'il ii a jamais suyvy les armes et (ju il vous a pieu quel-

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quefoysme commender n'en prendre ung seul qu'il ne les eust suyvies. Il vous plaira m'en mander vostre vollonté, comme aussy pourveoir à une aultre place qui est vacquante.

Au debmeurant, Monseigneur, il y a ung advocat qui n'est guères saige à Arnay-le-duc, où il a six homme d'arme de vostre compaignie et sept arcliiers en garnison, lequel a heu autrefoys débat avec ung de vostredicte compagnie qui est mort, et ses jours passez a heu encoires différant avec les aultres qui y sont en garnison, de sorte que j'ay peur à la longue, qu'il n'y vint quelque inconvéniant entre ceulx de la ville et eulx. Parquoy, sy le treuvez bon, je délogerez des miens des meilleur garnison qu'il aye pour changer ceulx dudict Arnayle-Duc. Je ne l'ay vouUu faire sans vous en escripre et qu'il vous pieu m'en commender vostre vollontez.

Monseigneur, en escripvantla présente, le maire de ceste ville m'a apporté des plaquars que l'on a posez ceste nuit en ceste ville, dont je en envoyé ung au double au Roy, encoires que cella ne le mérite gueres ; car j'estime que se sont quelques de ses coquins qui cuydent faire peur et que l'on les craignent ; si j'en puis attraper quelc'ung, je leurs feray jouer le jeu qu'ilz méritent, vous voullant bien asseurer, au debmeurant, Monseigneur, que toute chose sont fort tranquilles par dessa, et y est l'ordre tel que avec l'ayde de Dieu, il n'en peult advenir inconvéniant.

J'escriptz aussy à Sa Majesté pour la permission que j'ay donnée à ceulx des villes pour tirer aux

butes seullemcnt, affin pour ma descharge qu'il me mende sy le treuve bon. Ce que j'en ay faict est à cause des émosions qui pourroient survenir, et sce à la prière des principaulx des villes qui m'ont demendé congé d'en porter pour survenir aux susdictes séditions. Il m'a semblé debvoir permectre aux maires desdictes villes faire chascun ung rolle des principaulx et leur donner congé de tirer ausdictes butes seuUement ; aussy que pour estre en pays de frontière, les villes ne se doibvent dégarnir de telles armes. J'escriptz pareillementà Sadicte Majesté permectre à ceulx de ma suitte porter pistoletz et à ceulx à qui je le permectrez. Il vous plaira m'en faire faire responce ; vous savez que ce sont armes de quoy on ne se peult passer au temps qui court.

Juillet 13C0.

Bibl. Nat. — Fonds fiançais. — Ms. 463i, f. 40. — Minulo.

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