A M. DH SAVIGNY Dijon, 13 soplombro 1j
Monsieur, j'ai receu vozlectres par ung passant, par les(pielles me mandés qu'il est nécessaire faire approucher une dos compaignios do ce gouverne-
(I) Antoine (l'All)oii, nhhi' «le Savifîiiy, aroliev«\iut; d'Arlo.^, lieuteuant gcuôral du Lyouuaid souâ le maréchal do Salut-Audro boq oncle.
82 correspondanciï:
ment, vous voullant bien adverlirque monseigneur d'Aumalle est arryvé en ce pays, afin de donner ordre à tout ce qui se pourroit présenter, en l'advertissant du besoing que vous aurés pour le service du Roy. Il vous aydera de ce qu'il pourra, et s'il est besoing n'espargnera sa personne. Quant à envoyer une compaignie àMascon, c'est la garnison de la compaignie de monseigneur de Guyse,que je ne puis bonnement desloger ; mais il en y a à Chalon et à Ostun, qui y seront tousjours en deux jours, de sorte que si vous aviez besoing d'être secouruz, vous le sériés aussi malaisément de ^lascon que de Chàlon ; car si vous vous trouviés le plus foyble, estant assailly, en six heures vous sériés fort mal mené. Par quoy je m'asseure que pourvoirés de si bonne heure qu'il n'adviendra aucun inconvénient. Et quant ainsi seroyt que vous auriés cinquante hommes d'armes dans la ville pour vostre ayde, c'est une chose fortinutille q'ung homme de cheval parmys des rues, et fault vous ayder de gens de pied. Estant au demeurant bien d'advis que messieurs de la ville de Lyon ne regardent tant à leur proffict comme au dommage qui leur peult advenir de l'extrême quantité de veloutiers et autres artisans qu'ilz ont. Il vauldroyt bien mieux s'en descharger et attendre ung aultre temps pour remectre sus ledict proffict. Voillà tout ce que je vous en puys mander pour ceste heure, sinon de me recommander de bien bon cueur à vostre bonne grâce. Priant Dieu, Monsieur, qui vous doint bonne et longue vie.
De Dijon, co xiir Je septembre 15G0.
IliU. Na'. — Fondi fnnçai*. — M<. îr.3l, f. 01. — Minulo.