‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 6 sur 226 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

Extraites de la Bibl. de rinsti tut (Port. Godefroy) . . 2

— de la Bibl. imp. de Russie j

— des Archives départementales â

— de collections particulières 5

— de divers imprimés 2o

Parmi les lettres extraites des manuscrits, une dizaine seulement ont été déjà imprimées, et quelques-unes avec des incorrections que nous avons fait disparaître.

Cette collection offre évidemment des lacunes considérables. Pour Guillaume et Jean de Saulx, nous n'avons recueilli que des débris, et si nous avons réuni vingt-six lettres du premier et douze du second, c'est avec la pensée qu'elles pourraient éclairer quelques pages de leurs écrits. Pour Gaspard de Saulx, certaines années sont très remplies, d'autres absolument vides. On en jugera par le tableau suivant :

i553, 19 loG4, 8

1554, néant. ioGo, Ti

1555, id. 1560, néant.

1550, id. 1507, ^22

A défaut d'une correspondance suivie qui nous rende le tableau complet de la Hourgojjjne pendant les guerres do religion et la Ligue, il y a du moins ici des séries fort importantes qui en éclairent successivement diverses parties. Ce sont d'abord les lettres écrites par Gaspard de Saulx comme commandant militaire de Verdun et comme maréchal de camp du duc de Guise, qui peuvent servir .^

XII INTIIODUCTION

l'histoire tics campa;^ncs du rc^iic d'Henri II. Si les Mémoires imprim('>s sont suffisamment explicites sur le rôle de Tavanes ?i la tôle de l'armée royale et h la cour, ils passent rapidement sur sa conduite comme lieutenant-général de Bourgogne ; or les lettres contiennent pour ainsi dire son journal à deux époques décisives de sa carrière, lors de sa campagne de 1562 sur la Saône, et lors de cette campagne, bien autrement périlleuse pour sa réputation et son crédit, à laquelle il fut condamné en 1568, placé qu'il était entre les ordres de la cour, l'agitai ion du parti catholique et l'hostilité redoutable du prince de Condé. Dans la correspondance malheureusement trop courte de Guillaume et de Jean de Saulx, il suffit de signaler le rapport détaillé sur l'état de la Bourgogne en 1574, et les lettres où l'ancien gouverneur d'Auxonne plaide sa cause devant le Parlement de Dijon et le duc de Mayenne.

Dans son ensemble, cette correspondance fournit à l'histoire des témoignages tels que notre siècle les aime, c'est-à-dire où la vérité se montre d'elle-même, sans intervention étrangère et intéressée qui la dissimule ou l'altère. « Les Mémoires, comme on l'a dit ailleurs, ne méritent pas une confiance absolue, car l'amour-propre les a inspirés, et l'amour-propre ne vit que rarement, comme par hasard, en bons termes avec la vérité. De telles œuvres sont néanmoins précieuses, pour peu qu'elles soient contrôlées et éclaircies par d'autres documents. Les lettres, quel que soit leur caractère, dépêches politiques ou effusions privées, apportent une lumière incomparable à l'historien, car elles offrent l'expression vivante, spontanée de la pensée de leur auteur, sans l'intermédiaire d'un apologiste suspect (1). »

C'est surtout pour le xvi° siècle que cet ordre de docu-

(1) Les Sauix Tavanes, lulroduclioii.

INTUODUCTION XIII

ments est précieux, car à cette époque militante et troublée, quel homme d'action, occupé à raconter sa vie publique, « les épées étant de repos, » n'a cherché, en distribuant savamment sur ses actes l'ombre ou la lumière, à préparer le jugement de la postérité? Plus d'un oubliait qu'antérieurement il avait mis irrévocablement à jour sa vie, heure par heure pour ainsi dire, qu'il en avait consigné les épisodes dans des lettres dispersées aux quatre vents de l'horizon; il ne se doutait pas que ces lettres, exhumées et réunies par quelque érudit sans passion, constitueraient contre lui, soit un acte d'accusation et un démenti à ses dires, soit une confirmation de ses actes et de son langage, et attacheraient ainsi à son nom la note définitive de gloire ou d'infamie. Notre époque, oïl l'on se fait honneur de l'exactitude historique poussée jusqu'à la minutie, aime à reviser les procès des grandes renommées; elle ne dédaigne certes pas ces Mémoires qui font si bien valoir le génie de notre nation; mais elle cherche plus volontiers l'image du passé dans ces lettres, nées de mille circonstances, œuvre du moment, où le héros est plus tard involontairement trahi par lui-mC-me, et où il est livré sans défense et sans masque aux regards de ses juges. Nous ne connaissons plus seulement Monluc par ses Commentaires, nous avons ses Lettres; bientùt peut ôtre verrons-nous de mémo Coligny, les Guises, Catherine de Médicis. Voici en al tendant, escorté de ses deux fils, le chef des catholiques do la Bourgogne, le vainqueur de Jarnac et de Monconlour; ses descendants et alliés (1), en assurant à la publication de sa corrcspon-

(I) M. 1(» vlcoiulf DiLMMtu, M"'*' In conilosse Ed. de Barlhélcniy, M. le l'oiulo Ciroppi ol Mii« KouLm» (^rcppi, novoiix et ni<>t't's du dernier duc. de Saulx, nuxiiueis il faut joindre MM. le couile de Kercado, le mnniuis de Caslellnne, le conile LiVmcl de Laubcspin, le nianjuis de la Uochc-Thulon, le marqni^ do Virieu.

\|\ INTHODUCTION

ilancc leur géncTCux concours, ont voulu rendre hommage t\ un nom qui leur était cher; ils ont en môme temps rendu service fi l'histoire. Pour mon compte, ayant déjà mis largement à profit ces documents pour une étude spéciale, je n'ai pas eu seulement en vue de donner ici les pièces justificatives de mon livre, j'ai voulu enrichir d'une piige ce vaste recueil épistolaire à Taide duquel on refera quelque jour, et d'une façon définitive, l'histoire de nos guerres rehgicuscs au xvi'' siècle.

Page 1