‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 68 sur 226 · A LA HEINE-MEUE · texte numérisé non relu

A LA HEINE-MEUE

Dijon, 3 aviil 1562.

Madame, j'ai faict achemyner les Suisses que vous Lvez faict venir pour remplir les bandes de leur lation qui sont en l'armée du Roy pour le service de Ja Majesté, ainsi qu'il vous a pieu me mander. Hz îstoient fort après moy, pour leur faire prester irgent, mais je n'ay heu aucun moyen d'en trouver, e leur ay faict bailler des vivres par prest et sans )ayer, en ce gouvernement, ès-lieux où je les ay aict conduyre par le plus droict chemin tirant à Drléans. Hz arryveront le cinquiesme de ce moys à Lisle-soubz-Montréal qui est du gouvernement de Ihampaigne, dont il m'a semblé vous devoir adverir, et sont en nombre ung peu plus de deux mil, \.u demeurant. Madame, je haste le plus que je puis e trésorier qui a manyé les finances durant ces guerres de dresser son compte pour le vous porter, :e qu'il m'a promis faire dans Pasques prochain. Je faictz tousjours continuer de lever les restes des Dmprunlz qui ont esté faictz par oy-devant sur cciilx (pii n'y auront point voulu obéyr, et ce pour satisfaiie aux deniers qu'il a convenu emprunlei*, aultremant le lloy demeureroyt en arrière d'autant. Il plaira à Votre Majesté en mander voslre volunté.

Madame, etc.

De Dijon, ce ili" apvril 15GÎ.

Dll)l. N.it. — Fondi françaU. — Ms. li»3o, f. 54. — Minulo,

84 COIUŒSPONDANCE

f,G. A l.A Hr.lNK-MKKK

Dijon, 7 avril l.JGi.

Madame, j'ay rcceu voz lectres du premier de ce moys, ensemble une lettre patente pour ne souffrir point de prédicant en ce pays aux lieux où il n'en y a encoires heu. Je mectray peine de vous satisfaire en cela comme aussi à ce que me mandés estre advenu à Aucerre, de quoy je n'ai encoires ouy parler, ne m'en ayant point adverty ceux dudict Aucerre . J'envoiray sçavoir que c'est et le besoing qui sera d'y pourveoir. Au demeurant, Madame, il s'est faict une assemblée depuis quatre jours en ça à Ghàlon de environ trente ministres, venans de plusieurs lieux, qui ont tenu là ung conseil. Je n'ay sceu entendre que c'est. L'on présuppose que c'est pour faire ung gect de quelques deniers. Vous sçavés combien les assemblées de quelques gens que ce soit sans conger peuvent préjudicier à Testât du Roy. Je vous ay aussi plusieurs foys escript les inconvéniens que peuvent apporter les divisions dans les villes de frontières. Ladite ville do Ghàlon est de bien grande conséquence, ainsi que vous pourra f^ire entendre le sieur de Sainct- Vincent présent porteur, que vous croyrés, s'il vous plaict, de ce qu'il vous dira de ma part. Je donneray ordre, ainsi que me mandés, le mieulx qu'il me sera possible auxdictes villes pour éviter aux inconvéniens qui peuvent advenir tant

de dehors que de dedans. ^lais le plus grand ordre que nous puissions espérer est attendu du lieu là où vous estes, sans lequel je ne puis estre sinon en ung merveilleux soupson de tous les susdicts deux costez. Au demeurant, Madame, je vous remercie très humblement de l'expédicion qu'il vous a plou me mander que fériés faire de ma pension; elle viendra bien à poinct, comme chose fort désirée, depuis troys ou quatre ans que je n'en avoys ouy nouvelle (1).

Madame, etc.

vil« apvril 1362.

Bibl. Nat. — Fonds françaie. — Ms. 4634, f. 51. — Minute.

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