A LOUIS-MARIE-VICTOR D'AUMONT
Monsieur de Villequier,
Ayant besoin d'un bon nombre de pionniers pour servir aux travaux qui sont à faire devant Dunkerque, et ayant estimé que Ton en pourra recouvrer facillement jusques à cinq cens dans le Boulonnois, je vous faictz cette lettre pour vous dire qu'aussy tost que vous l'aurez receue vous ayez a envoyer vos billetz ou mandements dans les paroisses et villages du Boulonnois pour la levée dudit nombre de cinq cens pionniers taxant chacque lieu a proportion de sa force, que vous commettrez des officiers et autres personnes capables pour prendre soin de cette levée, s'employer à la faire faire avec diligence, dresser des roolles des noms et des lieux d'où seront lesdits pionniers pour recongnoistre qui seront ceux qui auront manqué à faire le nombre qui leur aura esté demandé, et ensuite les conduire à Ardres, ou le sieur comte de Schomberg les doibt envoyer prendre pour les faire conduire au camp en seureté, que vous obligiez lesdits pionniers a apporter avec eux des picqz, pelles, oyaux et autres instruments propres à remuer la terre et que vous les asseuriez qu'ils seront payez de leurs journées et que le pain de munition leur sera fourny pendant tout le temps qu'ils seront employez à cette occasion et que lorsqu'elles sera passée, ilz seront renvoyez chacun chez soy en toutte seureté, vous recommandant d'apporter en cela toutte la diligence possible et vous asseurant que vous ne sçauriez présentement employer voz soins en chose plus importante ny que j'aye plus à cœur. Sur ce je prie Dieu qu'il vous ayt, Monsieur de Villequier, en sa sainte garde.
Louis.
Le Tellier.
Escrit au fort de Mardik, le premier jour de juin 1 658. aumont. 26.