‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 128 sur 241 · M. de la Boulaye à M. et à K»* de · texte numérisé non relu

M. de la Boulaye à M. et à K»* de

Paris, dimanche 9 avril 18^.

Ce n'est pas un poisson d'avril, mes chers amis, que votre lettre du l""" de ce mois, car j'y vois deux écritures que j'aime fort.

Vous faites bien de quitter Nice : on en parle mal à compter d'avril. Grasse et Hyères seront bien heureux ; mais prenez vos précautions pour les lettres, et dites-moi de bonne heure ce qu'il faut faire.

Nos fillettes vont à ravir, et les grands parents se

blement connus, naquit à M«tz 1« S5 octobre 1768 ; il y fonda nne maison de banque. Il deyint àéçMié de la Moselle en 1616; il TOta d'abord ayec le centre gaucbe, puis a:\'6e le centre droit; 1« 16 mars 1830, il fut l'un des 181 membres qui s'opposèrent à l'adresse des !2S1. 11 ëchoua aux dlections générales dumoîsdejninetsuiirant. Il moumt en \S3h, U avait ëtë président du^ tribunal de oommerce.

portent bien. Louise ne viendra pas aujourd'hui ^îner rue d'Enfer, quoique M"** Royer ait eu la bonté de IV faire engager : le temps n'est pas assez ft)eau.

Wendel est parti pour battre sa monnaie de fer.

Vous verrez ma réplique ^ Camille prétend que je lui ai donné un brevet de niais. Vous retrouverez vos paroles dans ma réponse, mais comme on voit son image dans les glaces qui enlaidissent.

Si la majorité vous est un important indice, jamais elle n'a été aussi forte ; et, quelques jours après, sur je ne sais plus quel sujet, j'ai eu occasion de dire que cette majorité grandirait encore pour l'honneur de la Chambre et le salut de la France. Je tire A tout hasard ; mais tous ne le croient pas.

Hier la commission des élections a rejeté la loi. J'ai dîné hier chez M. Pasquier avec MM. Laine et Bourdeau, deux des commissaires^, et plusieurs ministres. La commission va discuter les deux, ou trois, ou quatre projets de Royer, qui commence à s'apercevoir qu'il a, audébutde toutes ces affaires, trop compté

* Comme rapporteur du projet de loi qui suspendait la liberté des journaux, M. de la Boulaye avait présenté à la Chambre un résume de la discussion générale dans la séante da S5 mars. — Voyez le Moniteur de ]82Û> p. 393.

2 « MM. Laine et Bourdeau, observe M. de Viel-Castel, étaient les seuls membres de la commission qui voulussent en réalité l'adoption du projet de M. Decazes, et cette circonstance était digne de remarque, puisque le premier, comme ministre, et Tautre, comme rapporteur, avaient été les auteurs principaux de la loi de 1817 qu il s'agissait -maintenant de détruire. » (Histoire de la Restauration, par "M. deViel-Castel,t. VIII, p. âG7.)

sur ses forces, maïs qui s'est tellement engagé avec tant de gens et de tant de manières qu'il est difficile de revenir sur ses pas. Le rêve de Guizot est de faire de Royer un premier ministre. Hélas! On m'a promis souvent place dans ce ministère, mais on ne m'y tient pas.

Manuel ouvre la bouche comme un four pour des en effet, des si, des mais, des car. Benjamin a parfois l'air d'un démoniaque, et Bignon verse le fiel à grands flots. Comment ne rougit-on pas de marclier avec de pareils hommes et de marcher à leur suite ?

N'oubliez pas de me prévenir pour les lettres et

aimez toujours qui vous aime.

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