M. Oarmeau à M« de Seine
Paris, le h mai 18S0.
Monseigneur,
L'intérêt des joiumaux se trouve en très-grande partie coaoentré dans le compte qu'ils rendent des séances des Chambres ; et, comme les journaux ministériels sont muets depuis la dernière modifica-^ tion du ministère, les partis ne tixmv^it plus, dans les articles du gouvernement ou pour le gouverne-ment, ces occasions d'attaque dont ils ont si souvent et quelquefois si habilement profité. S'il m'était permis d'émettre mon opinion sur la question de savoir s'il y a plus d'avantages que d'inconvénients pour l'autorité à se faire défendre par des journaux sous son influence, je n'hésiterais pas un instant à dire que je regarde cette défense comme étant le plus souvent au moins inutile ; dans cette polémique, l'avantage est toujours pour l'attaque; j'ai vu que les articles les plus ingénieux et les mieux intentionnés avaient souvent produit un effet tout contraire à ce qu'on attendait, et l'on compte ceux qui ont produit quelques résultats réels.
Le Constitutionnel et la Renommée publient une lettre de M. Benjamin Constant que j'ai cru devoir faire remarquer à Votre Excellence.
. Le Conservateur et la Minerve ont paru hier;
USÛ CORRESPONDANCE.
le Conservateur fait entendre qu^il cessera de paraître aussitôt que la loi sur les journaux aura été rendue. Je ne doute pas que vous n*ayez ces deux ouvrages, à Nice» et je ne crois pas devoir en grossir mon envoi.
Les amis sincères de M. Decazes ont gémi de voir la tournure de la discussion dans la séance du S8 obliger M. de Coussergues à reprendre son accusation; le Conservateur cependant indiquait hier et la Gazette annonce plus clairement aujourd'hui que le côté droit fera tout pour laisser tomber cette affaire.
J'ai Thonneur d'offrir à Votre Excellence l'hommage de mon respect.
Germe AU.