‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 241 sur 241 · M. de la Bonlaye à H. de Serre · texte numérisé non relu

M. de la Bonlaye à H. de Serre

Paris, landi 31 jiûllet 1890.

Mon cher ami,

Le jeune Jessaint, qui a dîné hier chez Royer, m'a dit qu'on s'était expliq[ué en assez bons termes sur nos erreurs, mais qu'on regardait le ministère comme peu stable. Nous verrons bien.

Le fort chasseur devant le Seigneur et S. A. R. le duc de Bourbon, M. Growes, arrive d'Angleterre, où il a vu de ses yeux que les troupes étaient peu disposées à prêter main-forte à l'autorité contre les tumultes excités en faveur de la Reine. Cela est laid. M. Growes va d'ailleurs partir pour l'Espagne. Il va du nord au sud de l'Europe comme de Paris à Suresnes.Sa naturalisation ne chemine pas si vite. J'ai fait tout ce qu'il a souhaité pour la hâter. Il vous présente ses respects.

n entrera, je le croîs, dans les combinaisons de la doctrine de renouer avec le côté droit, s'il peut trouver là quelque point d'appui. Attendons-nous à voir exploiter tous les mécontentements. Mounîer sera averti avant mon départ.

Y a-t-il quelque chose de vrai dans ces chuchotements sur une terrible lettre que Camille a dû vous adresser et où il est question de pirouettes? Ou m'a dit que Casimir Périer, muni d'une copie de cette lettre, en amusait ses amis.

Ce feuilleton que Ton joignait au Journal de Paris, mal fait d'abord, moins mal ensuite, a porté fruit. Je voudrais que quelque chose y fît suite ou qu'à tout prix on eût un journal répandu, et je ne vois que les Débats.

Ne craignez pas d'être positif, cher ami : le ton du commandement est un titre à l'obéissance. On sent le besoin de la subordination. Élevé dans ces principes, j'aime moi-même que l'on me commande, et, sauf quelques points sur lesquels je ne pourrais pas être flexible, il m'est doux d'obéir.

La révolution de Naples prend de plus en plus le caractère muratiste. II. y faut songer sérieusement.

A demain, mes bien chers amis.

J'irai faire mes adieux au duc de la Châtre.

Tout à vous, F. L. B.

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