‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 60 sur 241 · M. de la Boiilaye à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de la Boiilaye à M. de Serre

Paris, lundi 6 mars 18^.

Le froid est excessif depuis quelques jours. L'hiver est revenu sur ses pas

J'ai remis hier à M"* Royer la lettre de M™*' de Serre. Louise n'a pas dîné avec nous ; il fait trop froid.

Sur la loi des élections, voici où en était le maître de la maison :

Augmenter le nombre des députés, c'est le plus grand dommage à faire à l'autorité royale, c'est substituer le gouvernement parlementaire au gouvernement du Roi, c'est amener une révolution inévitable, c'est la créer à plaisir. Tel est l'avis de Daunou, homme si expérimenté en science révolu-

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tîonnaîre. On pourrait consentir à là dislocation des collèges, à diviser la France en deux cent cinquantehuit arrondissements électoraux nommant chacun uii député ; mais alors quels députés aurait-on ? Quel petit monde ! quelle mêlée d'intérêts divers, etc. , etc. ! — On ne sait, on ne peut savoir ce que l'on veut. Voilà le vrai.

J'ai vu hier MM. de Richelieu et Pasquier. Le second avait reçu votre lettre; le premier, non. J'ai écrit à Mézy.

On m'a dit, sans me le garantir, qu'il vous a été expédié un courrier extraordinaire par nos amis les doctrinaires. Que cela soit ou non, la raison veut que vous ne vous engagiez pas sur paroles, que vous vous donniez le temps de la réflexion et que vous soyez très-chiche de communications. Vous pouvez être par la suite d'un6 grande utilitÀ au Roi et à là

France. Ménagez-vous.

Je dîne chez Sainte- Aulaire ; nous allons causer à fond de notre ami.

Mille tendresses. Tout va bien dans le faubourg.

160 COPRESPONDANCE.

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