RUE DU BAC
Tons droits réserrés.
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(suite.)
6L7.— M. de la Boulaye à M. et à M*"* de Serre.
Paris, lundi Ih fëvrier 18^0.
Ilélas! mes bons amis, un misérable a assassine
hier M. le duc de Berry au sortir de l'Opéra. Je
me hâte de soulager mon cœur du poids de cette
affreuse nouvelle. Mes yeux sont pleins de lanues.
C'est un garçon sellier au service du Roi (jui l'a
Trappe. Le monstre est arrêté. Il avoue tout; il se
vante de sa haine féroce contre les Bourbons. Notre
pauvre prince a reçu les secours de l'art dans les III. I
a CORRESPONDANCE.
salles de Tadministration de l'Opéra ; il y a même reçu TExtrême-Onetion. Son auguste père, M'"'' la duchesse d'Angoulême, le duc d'Angoulême et le Roi entouraient le lit de mort, près duquel M"™® la duchesse de Berry, couverte du sang de son mari et que Ton croit grosse, est restée presque jusqu'au dernier moment. Le mourant a fait venir ses enfants naturels et les a recommandés au Roi et à toute la famille ^
Nous avons perdu cet espoir de la race des Bourbons entre cinq et six heures du matin. Quel hideux mélange de douleur et de joie, de mort et de fêtes mondaines ! et les journaux de ce matin qui, pour la plupart imprimés avant l'événement, mêlent à tout cela leurs clameurs, leurs sarcasmes, leurs injures contre le gouvernement de notre malheureux Roi !
Les ministres sont assemblés depuis dix heures. Je vais aller à ma Chambre. Celle des pairs est convoquée.
Vos enfants vont très-bien.
J'ai l'iime nayrée et je vous embrasse tristement.
* Voyez VHi8toij*e de la Restauration y par M. de Viel-Castcl, t. VIII, p. 275-282, et V Histoire de la Restauration y par M. Nettement, t. V, p. 2/i3-256.