M. de Mésy à M. de Serre
Lundi, 2/é avril 1890.
Mcmsieur,
Vous savez sans doute par tous vos correspondants où nous en sommes sur la loi d'élection. On a Men heureusement réussi à avoir cinq commissaires sur neuf; c'est un avantage immense ou plutôt un grand inconvénient d'évité, car une majorité libérale aurait fait traîner le rapport pendant plus de deux mois. Il est au contraire bien sûr que la commission se pressera beaucoup, que Laine sera rapporteiur et que cette discussion précédera celle de la loi des dépenses. Si donc vous êtes toujours décidé à y assister et que votre santé vous le permette, vous n^avez pas beaucoup de temps à perdre. Je suppose qae la commission nomme un rapporteur à la fin de la semaine, il pourra faire son rapport cinq ou six jours après; il est donc possible que la discussion commence dans quinze jours ; les discours généraux dureront au moins cinq ou six jours, et l'on en sera certainement aux articles avant le 15 mai. C'est, je crois, à peu près l'époque où vous comptiez naturellement revenir. Nos amis de la doctrine disent que vous ne serez pas d'avis de la loi présentée ; je crois bien que vous auriez préféré celle qui établissait le renouvellement intégral ; mais on vous aura
im CORRESPONDANCE.
prouvé que la loi retirée n'avait aucune chance pour être adoptée; et, comme vous avez toujours paru convaincu de la nécessité de modifier la loi actuelle, on espère que vous ne serez pas contraire à la nouvelle et que vous lui prêterez votre puissant -secours, dont le gouvernement aura grand besoin. Je ne doute pas que la loi ne soit adoptée à une ma- •jorité de 25 voix. Il y a bien des objections à faire aux deux degrés, mais c'est cependant un expédient qui nous tirera momentanément d'afiFaire. Tous les gens à qui j'en parle croient que le résultat sera bon dans leur département. On écartera les chefs ultrar libéraux et aussi les ultras déraisonnabIes,.et,siroQ 41 enfin une ChamÎDre maniable, on établira définitivement toutes nos institutions.
Vous savez que M^"' le duc d'Angoulême va foire un voyage dans l'Est en commençant par Dijon et Lyon. On en a fait un secret qui est devenu celui •de la comédie.
Je quitte Wendel , qui vous atteud plus tôt que je lUe croyais. Je vous écris dqnc un mot poste restante à Aix et par duplicata-
Veuillez présenter mes hommages respectueux à M"*® de Serre et croire en la sincérité des scntinients •que je vous ai voués pour la vie,