La duchesse de Broglie à M. de Serre
' [13 (?) juin 1830.1
Victor a en effet une ébullition, et, comme il avait compris hier que vous le recevriez, mais non que vous l'attendriez, il n'a rien fait dire. Dès qu'il
^ Dans la sëance du 19, maigre les subtilités et les chicanes de l'opposition, le projet de loi fut adopte par lÔZ* voix contre 95.— Voyez les Discours de M, de Serrcy t. II, p. 198-S08. Consultez aussi VHistoire de la Restauraiion^ par M. de Vîel-Castel, t. VIII, p. 60ii et suivantes, ainsi que VHistoire de la Restauration, par M. Nettement, t. V, p. ItdS.
ANNÉE 1820. /i79
pourra sortir, il ira vous voir ; mais il faut qu'il garde la maison deux ou trois jours, cela n'est pas inquiétant du tout. J'accepte tous les éloges que vous donnez à sa sagesse au-dessus de la mienne, d*abord parce qu'il en a beaucoup et que peut-être je n'en ai guère, surtout dans les expressions, car pour le fond, comme disait cet homme, je vous donne ma parole d'honneur que fai raison. Plaisanterie à part, j'espère ne différer en rien de sérieux d'avec hii, que je crois la justesse même. Vous direz que e*est mon rôJe de le croire, et c'est vrai. Je suis bien sûre pourtant qu'il n'est pas meilleur que moi pour vous, c'est-à-dire plus attaché et plus dévoué. Cette impression, quoique vive, quoique vraie, n'est et lie sera pas fugitive, et, si je voulais être impertinente , je trouverais peut-être le secret de ma grande sympathie pour vous dans cette susceptibilité d'émotions que vous me reprochez. Vous triomphez : ainsi supportez cela généreusement ; ne vous fatiguez pas et réservez- vous pour faire le meilleur usage de votre périlleuse victoire.
' Mille amitiés de la part du ménage qui vous
sera à jamais dévoué.
Staël de Broglie.
Ii80 CORRESPONDANCE.