M. de la Bonlaye à M. «t à W
Paria, lundi âd juillet 18dO.
Pour vous expédier nos premières lettres, me^ diiers amis, Mézy a profité d'une estafette que M. de Damas envoyait à sa famille. Le mieux est quelquefois Tennemi du bien. A-t-il bien ou mal fait? Voilà huit grands jours sans nouvelles de mes pèlerins. Depuis cette aimable petite lettre de Fontainebleau qui était comme une queue de conversation, 3e n'ai rien reçu, rien appris. Le temps me parait long, et j'ai besoin de me rappeler la barque de César et sa fortune pour être tranquille sur votre voiture et les grands chemins.
Mazure, qui me quitte, me dit que, depuis quelques jours, la censure n'a pas assez de ciseaux pour les impertinences des journaux libéraux. Le Cour-
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rier surtout devient intolérable. La révolution de Naples a ravivé le feu de ces messieurs. Ils se croient, ils se disent sûrs de la victoire. Les grandes puissances feront bien d'y regandcF de près. Jusqu'ici, les yeux sans cesse tournés vers la France^ elles n'ont pas fait assez d'attention aux volcans qui pouvaient s''ouvrir ailleurs. On nous guettait. Grâce à vous, nous nous sommes ouvert un passage à tra~ vers des difficultés qui paraissaient inextricables r, maïs ce n'est qu'un ajournement, disent nos adversaires, et les échos en France et au delà répètent r. ajournement.
Hier, diez M. Roy, le duc de Richelieu m'a demandé des nouvelles de vos enfants et m'a chargé d'ofifrîr au père et à la mère ses respects et ses tendres amitiés.
J'ai rendez-vous demain cheîS M- Mounier pourcauser des élections en généi'al et de celles de mon •département en particulier.
Je TOUS aime présents, je vous aime absents; mais ne soyCT pas trop silencieux. Amour aveugle, cela est admis; amitié muette, je m'cppose.
F. L. îB.
5ii8 CORRESPONDANCE.