M. de la Boulaye à M. et à M^^* de Serre
Paris, samedi S6 février 18S0.
Je n'ai quitté M. Decazes qu'à une heure du matin, mes chers amis ; je lui ait fait mes derniers adieux. Il a dû monter en voiture ce matin entre dix et onze hexu'es. Il se rend à Liboxu'ne; sa santé est déplorable.
Le duc de Richelieu n'inspire de méfiance à personne et fait des progrès sur un assez grand nombre d'esprits. On sent la nécessité d'une trêve avec les factions ; les uns la veulent très-courte, d'autres plus longue.
La commission sur la liberté individuelle proposera des amendements à la loi, et nous ferons sur la presse ce que fera la Chambre des pairs.
Le centre droit va réunir et lier soixante à soixantedix personnes, peut-être plus.
Vos parents se portent bien. J'écris à votre maman. Durant (François)^ vous dit mille choses aimables et respectueuses.
On va discuter les élections, et je vais aux bureaux.
Tout à vous.
^ Député des Pyrënëes-Orientales depuis 1816. Il siégeait au centre droit.