M. de Serre à M. de Wendel
Nice, 16 février 1820.
Vous voilà, mon cher ami, d^ms les finances*. Tronchon^ est royaliste et brave homme; il sera
* Voyez r Appendice n®XV.
2 M. de Wendel venait d'être nomme membre de la conmiission chargée d'examiner le projet de loi sur les dépenses de 18S0. Il avait pour collègues MM. Paillot de Loynes, Ganilh, Hay, Laisné de Villevêque, Ternaux, Stanislas de Girardin, Tronchon et Basterréche.
3 Charles Tronchon, propriétaire-cultivateur, avait rendu des services à ses concitoyens lors de la disette de 1789, et la ville de Meaux, reconnaissante, lui avait voté une médaille d'or. Il représenta le département de l'Oise à l'Assemblée législative et se distingua par son zélé pour la Constitution de 1791. Secrétaire de l'Assemblée au 10 août 1792, il reçut, des mains d'un grenadier de la garde nationale, le fils du Roi, et tint l'enfant dans ses bras jusqu'au moment où il put le rendre à sa mère. En 1815, M. Tronchon fit partie de la Chambre des représentants, et, de 1817 à 1853, de la Chambre des députés ; il votait ordinairement avec la gau-
avec vous. Basterrèche^ est homme d'esprit, ne voulant pas surtout être de la cour de Laffitte, observant et aspirant à Tindépendance des indépendants .Vous pourrez tirer parti de cette disposition. Cette partie, la guerre et la marine me semblent être celles auxquelles vous devez vous attacher spécialement; mais, en même temps, vous devez absolument parler. La secrétairerie donne pour cela un immense avantage : elle familiarise avec la tribune et donne la parole presque à volonté. Dites d'abord quatre mots, puis vous en direz vingt. Parlez sur de petites choses, puis vous irez aux grandes ; et vous ferez cela mieux que vingt autres qui n'ont ni vos
che. n mourut dans sa terre de Saint-Souplet le 8 novembre 1828 — Voyez la Biographie moderne des contemporains, par MM. Arnault, Jay, etc., t. XX, p. 79. Paris, 1825.
* Jean-Pierre Basterréche, né à Bayonne le 19 février 1768. Après de brillantes ëtudes chez les oratoriens de Juilly, il se livra aux opérations commerciales. Maire de sa ville natale le 15 décembre 1793, il lutta courageusement contre les clubs et les représentants du peuple et fut incarcéré le 18 septembre 1793 : sans la révolution de thermidor, il portait sa tête sur Téchafaud. Il n'éprouva aucune sympathie pour le régime impérial, mais il accueillit avec plaisir le retour de la monarchie constitutionnelle. Les électeurs des Basses-Pyrénées le nommèrent député en septembre 1819 et il prit siège sur les bancs de la gauche. Il mourut le 5 janvier 1827. U avait reçu, de Louis XVIII, la croix de chevalier de la Légion d'honneur, et, de Charles X, la croix d'officier. Un choix des discours prononcés par M. Basterréche pendant les stesions de 1820 à 1826 a été publié en 1828, avec une notice sur sa vie par son beau-frére, le lieutenant général Maximilien Lamarque. Dans ses discours se manifeste un vif enthousiasme pour la xnémoire de Henri IV, sentiment très-commun chez les habitants des Pyrénées,, quelles que soient leurs opinions politiques.
connaissances, ni votre esprit, ni vos bons sentiments. Je vous le répète, c'est indispensable.
Après de longs débats, le Conseil paraît revenu à mon premier plan, sauf de légères modifications. C'est celui que j'avais le plus longtemps médité et dont je garantis mieux les conséquences.
Voilà deux jours que je monte à cheval ; je le supporte bien. Retardez seulement votre discussion jusqu'après Pâques, et je serai avec vous. Il me semble difficile que vous alliez plus vite.
Pensez que vous m'avez promis de voir souvent M. Decazes. Voici le moment de vous réunir à lui pour livrer de nouveaux assauts à Courvoisier. Dussiez-vous l'assommer, il faut que vous le rameniez.
Au revoir, mon clier ami; j'ai bonne espérance.
Votre ami,
H. DE Serre.