‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 3)Chapitre 89 sur 247 · M. de Mézy à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de Mézy à M. de Serre

Mercredi 15 mars 183ÎO.

Monsieur,

Je vous remercie encore beaucoup du petit mot que vous avez bien voulu m'écrire. Je suis charmé <jue les difficultés, au lieu de vous décourager, vous

cable qu*.\ celui qui aurait eu l'intention d'insulter ceux dont je m'honore d'avoir fait partie, et qui partagent encore mes sentiments.

M. de Corday descend de la tribune au milieu du mouvement général d'adhdsion et de satisfaction de l' Assemblée, et s'avance vers le généraii Foy, place sur le premier banc de la gauche, et tous deux se serrent la main Le mouvement del'Assemblde se prolonge pendant que M. de Corday va reprendre sa place. (Moniteur de 1820, p. 3/i5.;

u Mais au dehors, tant ëtait grande alors l'irritation réciproque des partis, l'effet fut loin d'être le même, remarque M. de Hattranne. Les journaux de la droite <iussi bien que ceux de la gauche rendirent compte de l'incident, brièvement, froidement, ironique— ment même, et de manière à montrer que l'arrangement leur dé — plaisait fort. Certes on ne pouvait mettre en doute le courage dim général Foy ni celui de M. de Corday. On imputait donc à quelque transaction politique les marques d'estime qu'ils s'e'taient donnëeset le Censeur alla jusqu'à annoncer que le général Foy allait pro — bablement être appelé à remplacer, comme ministre de la Guei M. de Latour-Maubourg. »

inspirent un plus vif désir de les surmonter. Au ' reste, ne vous pressez pas de revenir avant le temps. Il est évident que le travail de la commission sur la loi d'élection sera très-long. Ils ne sont nullement pressés d'en finir, et les doctrinaires, qui y dominent, disent hautement que le rapport n'aura pas lieu avant la fin d'avril. S'il devait avoir lieu plus tôt, nous serons bien instruits et vous serez averti à temps.

Nous avons eu hier un excellent discours de Siméon et trois déclamations jacobines de Martin de Gray ^ Basterrèche et Benjamin. Ils sont au dernier degré de fureur, et cela ne fera qu'augmenter. La loi passera cependant, et j'espère sans les amendements de la commission qui l'ont défigurée. On fera tout ce qu'on voudra pour celle de la presse ; mais les difficultés seront grandes pour celle d'élection, et tout votre talent et votre juste influence sel'ont bien nécessaires.

M. Decazes m'a écrit ce matin; il est arrivé en ^ssez bon état, mais un peu fatigué. Il fait sérieu-

* Le baron Alexandre Martin de Gray, fils de François Martin, avocat au Parlement, puis membre de la Constituante, naquit à Besançon le S5 avril 1775. En 180ii, il succéda à son père comme ^ï^aire de Gray. De 1806 à 1811, il fut membre du Corps Mgislatif. *l exerça de nouveau les fonctions de maire du 21 juin au Ih juil- *®t 1815, et, dans une ëmeute, sauva la vie au prëfet de son de'- P^ï'tement. Député de la Haute-Saône en 1817, il siëgea sur les *>an.c3 de la gauche et obtint quelques succès oratoires ; mais la perte de la vue l'obligea, en 18^0, de renoncer à la carrière législative. Il est mort à son château de Gray le 8 février 186*!é. Une ^otîee sur sa vie a été écrite par M. Jules Sauzay. Besan- "î^^» 186/1.

SÛÔ CORRESPONDANCE.

sèment ses préparatifs pour l'Angleterre, où il sera reçu à merveille, si Ton peut s'en rapporter à la lettre du roi d'Angleterre, que le Roi a bien voulu me montrer hier. On ne peut rien imaginer de plus flatteur et de plus aimable. Vous aurez su que le jour de l'affaire du procès-verbal relatif à Clausel de Coussergues, le Roi avait fait venir Sainte -Aulaire pour l'inviter à ne pas parler sur ce sujet, ce qui fait que les ministres et Sainte-Aulaire luimême se sont levés pour l'ordre du jour. Heureusement que Clausel a fourni ensuite l'occasion de le rappeler à Tordre à une immense majorité, sans quoi le silence obligé des ministres sur la première question aurait paru un peu gauche.

Je vous quitte pour me rendre à la Chambre. Pasquier parlera aujourd'hui et l'on clora la discussion. Demain on ira aux voix sur les articles.

Recevez de içrâce la nouvelle assurance de tous

mes sentiments de dévouement et de haute considé —

ration.

DuPLEix DE Mkzv.

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