‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 4)Chapitre 78 sur 126 · Le comte de Montlosier à M. de Serre · texte numérisé non relu

Le comte de Montlosier à M. de Serre

3 février 1821.

Je crains de ne pouvoir me rendre ce soir chez Votre Excellence. Je dois ajouter que si elle désire, ou seulement s'il lui convient de voir quelqu'un de ces messieurs, tels, par exemple, que M. de Polignac^ ou M. de Montmorency', ils auront un grand

* Augaste-Jules- Armand, prince de Polîgnac, né à Versailles le Ih mai 1780, ëtait le second fils de la duchesse de Polignac, l'amie de la reine Marie-Antoinette. Il ëmigra on 1789 avec sa famille et devint, à l'âge de seize ans, officier dans l'armi^e russe. En 1800> il se rendit à LfOndres auprès de M. le comte d'Artois, qui le prit pour aide de camp. Il vint à Paris en 18ÛJ^, se trouva compromis dans le procès de Georges Cadoudal et fut condamné à deux ans de prison : il ne recouvra la liberté qu'en I8I/1. Pair de France le 17 août 1815, ambassadeur près la conr de la Grande- Bretagne le 10 juin 18!3, il reçut, le 8 août 18P.[), le portefeuille des Affaires étrangères et, le 17 novembre, la présidence du Conseil des ministres. Promoteur et signataire des ordonnances du St5 juillet 1830, il fut arrêté à Granville le 15 août et condamné a la prison perpétuelle le SO décembre. Une décision royale du S3 novembre 1836 commua cette peine en celle de vingt ans de bannissement. Il mourut à Paris le ^ mars I8h7. Il avait publié en 18/*5 des Etudes historiques t politiques et morales.

* Le vicomte Matthieu Je Montmorency, petit-fils du maréchal de Laval, naquit à Paris le 10 juillet 1767. Il fit ses premières armes en Amérique, dans le régiment d'Auvergne, dont son père,

empressement à Taller trouver et à obtenir une conversation. Je le désire pour mon compte, parce que ce serait un moyen de faire filtrer de la raison parmi des hommes honorables, d'une bonne intention, mais qui n'ont pas toujours des idées bien justes D'eux la lumière se porterait plus facilement plus haut et tout irait à merveille.

Je me présenterai demain pour savoir si Votre Excellence approuve cette première ouverture, qui pourrait être suivie de quelques autres. Chaque jour je redouble pour elle de dévouement et de respect.

Le comte de Montlosier.

le ricomte de Laval, était colonel. En 1789, député aux États-Généraux par la noblesse du bailliage de Montfort-l'Âmaury, il montra beaucoup de zèle à réformer l'ancien régime ; mais ses projets de réforme furent bientôt dépassés, et les événements du

10 août le déterminèrent â se retirer à Coppet, cbez M™^ de Staël.

11 revînt en 1795, fut arrêté, puis relâché. Durant le Consulat et l'Empire, il se tint à l'écart et se donna tout entier à des œuvres de bienfaisance. 11 devint, en ISl/i, aide de camp de Monsieur. Nommé, au mois de mars 1815, chevalier d'honneur de M"'^ la duchesse d'Angouléme, il l'accompagna à Bordeaux et à Londres, d'où il se rendit à Gand auprès du Roi. Cette même année, il fit partie de la Chambre des pairs ; plusieurs fois, à la tribune, il crut do son devoir de désavouer les opinions de sa jeunesse. Ministre des Affaires étrangères le Ih décembre 18^1, il représenta la France au congrès de Vérone. A son retour, le 30 novembre 182S, il reçut le titre de duc ; mais il ne put s'entendre avec M. de Villèle au sujet de la guerre d'Espagne et donna sa démission le 55 décembre. 'Nommé, par le roi CJiarles X, gouverneur de M. le duc de Bordeaux le 11 janvier 18^, il mourut subitement dans l'église de Saint-Thomas d'Aquin le 2A mars, jour du vendredi saint. Le ^ du même mois, son éloge fut prononcé par le duc de Doudeau ville à la Chambre des pairs.

17d CORRESPONDANCE.

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