M. Fiévée à M. de Serre
Paris, 10 février 1831 .
Monseigneur,
Lorsqu'on a action sur le gouvernement de son pays, il est bon de connaître la vérité, et la vérité sur les détails mène quelquefois à d'importantes révélations.
L'ouvrage que je viens de publier^ n'est certainement pas hostile au ministère, et cependant la censure, qui dépend du ministère, a arrêté les articles que les journaux voulaient publier sur mon ouvrage. Je ne vous dis pas cela pour me plaindre, ni même pour réclamer justice : le public s'en est chargé; mais pour vous faire remarquer que si, dans le premier ouvrage que je ferai paraître (ce qui ne tardera pas), j'étais hostile au ministère, Je paraîtrais avoir des torts à son égard, et cependant je ne ferais que répondre à une hostilité. Je ne ferai pas entrer ici la diflPérence qu'il y a pour moi à vendre trois mille exemplaires, malgré la censure, ou six mille si la censure n'avait pas arrêté le cours naturel des choses ; mais* enfin tout homme que Dieu n'a pas fait pour végéter n'a-t-il pas le droit de vouloir qu'on le laisse vivre d'une vie privée,
« Ce
que tout le monde pense ^ ce que personne ne dit.