‹ Correspondance du comte de SerreChapitre 41 sur 78 · N^ XX · texte numérisé non relu

N^ XX

Circulaire adressée par le comte Portalis mx procureurs généraux à V occasion des troubles de Paris.

Paris, le 12 juin 1890.

Monsieur le procureur général.

L'intention du Roi étant que l'état actuel de la capitale soit exactement connu de toute la France, je continue à vous tenir au courant de ce qui se passe.

Les ministres ayant annoncé que ramendement qui reproduisait les principales dispositions du premier projet du gouvernement sur les élections avai^ l'assentiment du Roi, il avait obtenu IKj voi-^ contre OG ; un très-grand nombre de bons esprii^ ayant accru de leurs suffrages la majorité qui avait jusque-là fidèlement soutenu les propositions royales, la Chambre, divisée jusqu'alors en deux |)arties presque égales, offrait pour la première fois une majorité très-imposante. L'amendement adopté améliorait la loi et avait réuni une grande quantité de

d^tés unis de principes, mais jusque-là divisés par des nuances d'opinion.

C'est dans ces circonstances que, au moment où la sortie des spectacles des boulevards augmentait la foule, quelques séditieux, ameutant le peuple, ont fttt entendre des cris coupables, insulté la gaixle nationale, la gendarmerie et les magistrats de sûreté. Le duc de Reggio, commandant la garde nationale, a été lui-même légèrement blessé.

Tous les moyens de douceur et de prudence épuisés, les sommations de se retirer trois fois répétées, il a fallu repousser par la force les injures, les violences, les coups de pierres et de bâton. Deux licounes ont été tués, cinq ou six blessés, et Ton a anrêté trente ou quarante personnes.

On a remarqué avec satisfaction que les étudiants commençaient à figurer moins activement dans les rassemblements séditieux, et que la jeunesse des comptoirs ne les remplaçait qu'en trèspetit nombre.

Cette jeunesse égarée, quelques artisans qui ne savaient pas ce dont il s'agissait, quelques factieux qui le savaient trop bien, fonnaient seuls le groupe de vendredi soir. Ils ont favorisé les projets de ceux ^i s'efforcent de rendre la discussion interminable ^ qui prennent tous les moyens d'aigrir les esprits.

Au reste, le gouvernement a senti que son devoir '^ commandait impérieusement de prévenir le re- ^■^vellement de ces scènes de désordre. Dans la •oîïée de samedi et durant la journée de dimanctie.

ks pncantiaos les plos importantes ont été prm La tranquillité des citoyens, protégée parlafonr publique, n'a plus été troublée, et il est i eroii^qoe faîentôc la Ibroe ne sera plus nécessaire au maintki deToidre, et que les factieux, abandonoés i aD> ts et isolés au milieu d'une population fidâr, randamnés au silence et à rinaction.

Qoe le sang si malheureusement versé retooèe. ivcune on Ta dit, sur les coupables provocateois à œ^s désordres*, mais que, partout comme ici, Tioîorite rorale, sauvegarde du repos public et k Kx&tes nv^ libertés, triomphe des agitateurs et dn Siircieux!

ReiVTez, monsieur le procureur général, TiasBnuxv de ma parfisdte considérât ion.

Le pair de France, sous-secrétaire dTw au département de la Justice,

Comte PoRTAus.

. ri: *: .:^> ir.î-f-.ïes au dehors, séduits, excités par c«*»- 7*;^fs rr /-2i:c«lle3Bec: imprudentes, se portent à la s«niitioD,j« .-'î.i.a:: .:■; ^c.-jr-. sur la iè:e de qui derrait petoml»er le satç ^tT< yj-' - f -t . I .:* Il revclie ou par le glaive de la loi? * P;-".-* rr*«'^-':f ' >. -fs rar M. ie Serre dans la séance du 27 mai 1?50.)- V,*y« j» r*uik.x>«r9. l. II, p. ilJL

ANNÉE 1890. fs

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