‹ Correspondance du comte J. CapodistriasChapitre 2 sur 33 · PRÉSIDENT DE LA GRÈCE · texte numérisé non relu

PRÉSIDENT DE LA GRÈCE

Nauplie, -^ «Tril 1830.

Le gouYemement grec a reçu la note officielle que Messieurs les résidents des cours alliées lui ont fait Thon* neur de lui adresser en date du 27 mars (8 avril)/

Il a médite' dans un profond recueillement Tacte du 3 fe'vrier^ ainsi que les explications et les développements, dont Messieurs les résidents ont bien voulu en acciompagner la communication.

Pénètre du sentiment de ses devoirs, et du désir le plus sincère de s*en acquitter de manière à justifier la

* Voyei pihc€% addiîionnéflê» n* I

TOMI lY.

2 DE NAUPLIX. — - AVRIL 1830.

confiance des Hellènes et celle dont les augustes souverains allies se plaisent à Thonorer, le gouvernement a tâché d*approfondir la grande et généreuse pensée des augustes fondateurs du nouvel état Grec, et il a cherché ensuite comment il pourrait prendre part & son>accomplissenient, en se conformant, ainsi qu*il est requis, aux transactions de la conférence de Londres et aux déterminations spéciales que Messieurs les résidents ont portées à sa connaissance.

En reconnaissant que la Grèce formera un état indé* pendant, les Puissances alliées ont mis le comble à ses vœux légitimes, ainsi qu*aux nombreux bienfaits qu'elles ont daigné répandre sur elle.

Des considérations d*un haut intérêt politique les ont sans doute portées à placer ses destinées sous la sauvegarde d*un gouvernement monarchique et héréditaire , et à faire également le choix du prince qui deviendrait Torgane de leurs intentions généreuses à Tégard de la Grèce, et donnerait ainsi des gages de stabilité à Toeuvre de paix dont Tacte du 3 février vient de poser les bases.

Cette immense tuche est confiée désormais au prince Léopold de Cobourg, et en Tacceptant S. A. R. a voulu prouver au monde civilisé que la Grèce trouverait aussi dans les qualités éminentes qui le distinguent, et dans les nobles sentiments qui le caractérisent, les ga^ges d*un avenir que lui assurent déjà les droits qu^elle^ ti acquis au prix de ses longs malheurs, de ses sanglants sacrifices, et des institutions que ses représentants ont adop-

AUX KÉilDBIfTl DU COUM ilXl^M. S

t^eâ en principe ^ et qui seules peuvent lui en garantir la jouissance.

0)nsideV^ sous ce point de vue gênerai , le sort que dans leur haute sagesse et dans leur bienveillance les augustes souverains allies destinent à la Grèce lui impose à jamais le devoir d'une gratitude et d*une con« fiance sans bornes.

Plus le gouvernement de'sire être Tinterprète fidèle de ces sentiments, et plus il doit regretter de ne pouvoir pas s'acquitter de cette honorable mission dans les formes qui lui sont prescrites par les actes du dernier congrès national.

Messieurs les résidents des trois coui*s se sont trouves à Argos durant la session du mois d'août , et le premier de'cret de rassemblée a mérité sans doute leur attention. Ils n'ignorent donc pas que les arrangements définitifii dont il s'agit maintenant devraient être soumis préalablement aux députés plénipotentiaires de la nation^ et se trouver ratifiés par eux.

Le gouvernement devrait donc avant tout les réunir aujourd'hui, et il n'aurait pas hésité à se conformer à cette disposition , si quelques-unes des clauses de l'acte du 3 février, et la teneur de la note de Messieurs les résidents, n'étaient pas de nature à placer les plénipotentiaires de la nation dans la pénible alternative , ou de manquer au mandat qu'ils qnt reçu des provinces, ou de se borner h annoncer encore une fois respectueusement les vœux qu'ils forment, pour que les intentions

4 DB VAUPLIB. — ATRIL 1830.

•magnanimes des cours alliées puissent enfin s*acoomplir«

Cependant les ordres dont Messieurs les rësidents sont, munis n*admeltent que la stricte exécution des arrangements an^êtes; il ne reste au gouvernement grec, après SToir recueilli Topinion du se'nat, (ju'à déclarer à Mes-, sieurs les résidents :

V. Que la publication oflicielle de Tarmistice qui existe de fait se trouve dans la copie ci-jointe de la circulaire que le gouvernement adresse aux commandants des forces de terre et de mer.

2*. Que dans tous les cas Tëvacuation par les troupes et escadres grecques de tous les pays, points et îles, qui d*après Tacte du 3 fe'vrier ne doivent pas faire partie de la Grèce, est une mesure à laquelle le gouvernement grec devra concourir, du moment que les Turcs se retireront de TAttique et de TEubee. Il est également urgent que les commissaires des trois Puissances , par leur présence sur les lieux , puissent prévenir ou du moins mitiger les conséquences funestes qui seront le résultat probable de la nouvelle délimitation ; que le gouvernement soit mis à même d* assurer des moyens de subsistance et un sort convenable aux nombreuses familles qui viendront chercher une patrie dans le nouvel état.

3*. Que les musulmans qui se trouvent maintenant en Grèce jouissent non -seulement d*une parfaite sécurité personnelle, mais aussi d*une partie des propriétés que sur leur demande le gouvernement s*est empressé de leur faii*e rendre.

AUX RÉSIDINTI DU COUM ALLIÉCi, 5

Pour ce qui est de l*ensemble des actes de la conference de Londres et des déterminations spéciales dont fait mention la note de Messieurs les rësidentSy le gouyemement se réserve de mettre sous les yeux de S, A, R. le prince souverain de la Grèce, avec la copie de la présente note, les observations qu'il ne pourrait lui laisser ignorer, sans trahir ses devoirs envers la Grèce et envers S. A. R. elle-même,

S. A. R. est dépositaire de toute la confiance des cours alliées; elles ne lui refuseront donc pas d'accueillir favorablement les démarches que S. A, R. fera en faveur du pays, dont il est appelé à opérer le bonheur sous les auspices d'une paix durable et solide.

Nauplle, ^ «vril ISSO.

En vous transmettant. Messieurs, la réponse officielle du gouvernement provisoire grec, permettez - moi de vous exprimer encore une fois les regrets que me- fait éprouver la nature des instructions, dont vous avez, été munis par vos cours.

Dans les entretiens confidentiels que vous, avec bien voulu avoir avec moi, je ne vous ai laissé ignorer aucun des moti& qui me portaient à désirer ardemment que votre note du 27 mars (8 avril) fut conçue et rédigée de

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