TOME
66 DE NAUPLIS. MARS 1829.
sur les formes d'après lesquelles ces paiements seront faits, afin que conjointement avec lui , vous puissiez nous rendre compte de la dépense fiaiite et de ses résultats.
Nous joignons ici les instructions dont nous Tavons tnuni^ afin que tous en preniez connaissance ^ et que vous puissiez en même temps &ire veiller de votre coté h leur exécution.
Nauplie, -— mars 1829.
Votre Excellence a parfaitement interprété les sentiments avec lesquels le gouvernement grec devait recevoir la communication qu elle a bien voulu lui faire par sa dépêche du 8 du mois de mars. Il apprécie tous les motifs généreux qui ont porté S. M. T. G. à charger It commission qui vient d'arriver à Navarin d'explorer le Pcloponèse. Les savants qui la composent ont déjà trop mérité des sciences, pour que nous ne concevions pas la plus haute idée et les plus grandes espérances des travaux auxquels ils vont se livrer, et des fruits qu en recueillera la nation a laquelle votre auguste souverain destine ce nouveau bienfait.
Les commissaires extraordinaires vont recevoir communication de VofiSce de Votre Excellence et de notre réponse, afin que le peuple Grec et les autorité contribuent
AU GÉMÉRAL MAISOV. 67
de leurs Êiibles moyens à l'exécution des mesures que Votre Excellence nous annonce.
Nous aurons ainsi , Monsieur le marquis , répondu à votre attente. Mais nous n'aurons satisfait à la reconnaissance que nous devons à S. M. T. G., dans la personne de diacun des hommes distingués qui composent la commis- «on, que lorsque après être arrivés à Navarin où nous nous dirigeons, nous aurons pu prendre une connaissance exacte des directions direrses que vont suivre ses différentes sections. Cest alors que nous pourrons donner les ordres nécessaires, pour que chacune d'elles reçoive l'assistance dont elle pourrait avoir besoin.
Quoi que nous fassions (et oovls ne négligerons rien de ce qui sera en notre pouvoir) , nous devons compter sur l'indulgence de ces messieurs, à cause de T impossibilité où nous serons de leur procurer les facilités que dans le moment actuel le Péloponèse ne saurait o£Frir.
L'état de dévastation où est le pays nous justifie d'ar vance à leurs yeux ; ils oublieront les désagréments qui leur seront personnels, en compatissant aux malheurs ^k>nt l'immense majorité de la nation est encore accablée.
Puissent , comme leurs dignes prédécesseurs de lexpédition d'Egypte, les savants que S. M. T. G. a honorés de sa confiance, trouver dans les progrès qu'ils auront fait ÙLire aux sciences dans l'intérêt de la Grèce et des autres nations, de justes dédommagements pour les privations qu'ils vont éprouver, et que nous serons peines de n'avoir pu prévenir entièrement.
68 DE NAUPLII. MARS 1829.
Nauplie, — mars 1829.
Nous vous transmettons, Messieurs, ci-joints sous les numeVos 1, 2, 3, les actes qui concernent la convocation du congrès national.
Vous trouverez dans la circulaire, par laquelle nous les accompagnons aux commissaires extraordinaires et aux gouverneurs provisoires, l'expression très-sincère des vœux que nous formons, pour que le choix des plénipotentiaires réponde îi Tattente de la nation, ainsi que des amis que Dieu lui a donnés dans les pays étrangers, et au nombre desquels nous nous félicitons de compter les plus puissants souverains de T Europe.
Nous confions au secrétaire d'état le soin de Êiire imprimer et d'expédier sans retard à leur destination les actes susmentionnés. Ils seront également publiés par les gazettes grecque et française. Le secrétaire de la section de r intérieur voudra bien communiquer au Panhelle'nium la dite circulaire. Elle répond au dernier message qu'il nous a adresse en date du ... .
Nauplie, -- mars 1829.
Nous avons été vÎTement contrariés de ne pouvoir vous envoyer plus tôt les actes concernant la convocation du congrès national. Quoi qu'il en soit de ce retard, ils n^ont cependant pas cessé d'être Tobjet de nos soins ^ depuis le mois d'avril de Tannée passée. Vous connaissez le message que le Panhellénium a reçu de nous à cette époque.
Depuis lors jusqu'à ces jours derniers, le Panhellénium a consacré tout son zèle \ la discussion des questions relatives aux formes d'après lesquelles le choix des électeurs et des plénipotentiaires pouvait se faire d*une manière régulière et légale. Aucune loi n'ayant statué à cet égard, il était indispensable dans les circonstances actuelles de suppléer provisoirement à cette lacune de la législation.
Pour satisfaire à cette nécessité, le Panhellénium nous a proposé une ordonnance, dont les dispositions dépassaient selon notre opinion les pouvoirs du gouvernement. Nous lui avons alors communiqué nos idées; et c'est après les avoir longuement et mûrement discutées^ qu'il nous a proposé les actes que, sauf de légères modifications, nous
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venons de sanctionner. Entre le projet que nous avons dû esquisser et les actes qui vont régler les élections, il existe quelque difFërence. Nous avions proposé de faire assister aux séances des assemblées électorales les commissaires extraordinaires, les gouverneurs provisoires ou leurs délégués. Mais nous avions borné F intervention de ces fonctionnaires publics à la seule surveillance des opérations électorales 9 et nous avions pensé offrir ainsi aux citoyens réunis en assemblée pour exercer le droit de suffirage une forte garantie d'ordre et de légalité.
Le Panhellénium a pensé qu il &llait donner à un citoyen choisi par le gouvernement non^seulement la surveillance, mais la direction des opérations électorales qui ont pour objet immédiat l'élection des plénipotentiaires. Il nous a proposé en effet de nommer parmi les électeurs que chaque province choisira, le président de rassemblée qui devra procéder à Télection des plénipotentiaires. Nous avons adopté cette mesure, et nous aimons à espérer que les résultats répondront à Tattente nationale.
De plus le Panhellénium persiste à considérer comme nécessaire une restriction, que cependant nous continuons à croire peu conforme a l'opinion que nous devons donner aux étrangers des sentiments honorables qui caractérisent les Hellènes. L'article 14 des instructions remplace celui du même numéro, que le Panhellénium a proposé dans les termes suivants : c Celui qui, ayant le droit de suffrage ou ayant été nommé électeur ou plénipotentiaire, serait détenu en prison pour afi&ires politiques, pourra
GIUGULAIAS. 71
en sortir sous caution pour s'acquitter de ses devoirs civiques. y> Nous vous donnons teituellement cet article, parce que nous désirons que vous fassiez connaître aux citoyens du département que vous administrez, que le gouvernement ne mettra aucun obstacle à ce que le cas échéant, ce qu à Dieu ne plaise, les dispositions du dit article 14 proposé par le Panhellénium soient strictement exécutéea«^
Nous TOUS avons informés de tous ces détails, afin que les citoyens de votre département connaissent avec la plus grande précision la vérité tout entière, et qu ils puissent ainsi se garantir des séductions, dont la malveillance va s'efforcer de les circonvenir dans ce moment critique. Ses premiers efforts tendront à vous faire croire que les discussions dont pous venons de vous Êiire part, attestent lexistence de cet esprit de parti et de discorde auquel les ennemis de la Grèce s obstinent à attribuer ses malheurs. Mais il vous sera Êicile de rassurer complètement à cet égard les paisibles et bons citoyens de votre département.
Les membres du Panhellénium qui ne partageaient pas notre opinion se devaient h eux-mêmes d'émettre la leur avec franchise et indépendance. Ils se sont acquittés de ce devoir, et nous les en félicitons. Nous avons même adopté leurs propositions, et en le Élisant nous avons voulu pardessus tout signaler encore une fois à la nation le but auquel tendent invariablement tous nos efforts. Nous ne pouvons trop le répéter, ce but consiste à vouloir la pré-
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server d'un gouvernement arbitraire et de ses funestes conséquences.
Les Hellènes au reste ont trop souffert des erreurs qui devaient nécesairement signaler leurs premiers pas dans la carrière politique, pour que l'expërience qu ils ont acquise soit perdue pour eux ou pour la nation. Nous nous confir* mons dans cette consolante conviction a mesure que nous nous trouvons au milieu des citoyens qui regagnent les lieux où étaient jadis leurs foyers^ et que la guerre ainsi que le désordre avaient rendus d^rts.
Nous ne pouvons assez répondre aux vœux que nous exprime cette classe respectable de la nation. Elle demande à être éclairée par nous-mêmes sur sa situation, sur son avenir, et sur ce qu il lui faut Êiire pour remplir dignement le devoir que lui impose la patrie, en lui demandant SCS représentants plénipotentiaires au congrès national.
Pendant la tournée que nous allons Êiire dans le Péloponèse et dans quelques-unes des îles, nous nous acquitterons, autant que nous le pourrons, du devoir oîi nous sommes de satisfaire à ces désirs. Il vous appartient. Messieurs, ainsi qu à vos collègues, de fsiire le reste, en vous expliquant d'après la teneur des présentes avec les hommes qui méritent à la fois la confiance du peuple et la votre.
Vous rappellerez avant tout à ces dignes citoyens les bienfaits dont ils jouissent, grâce à la Providence et à l'intérêt bienveillant et généreux dont les honorent les augustes souverains alliés. Les plus grands de ces hien&its
sont Tordre qui commence à s établir solidement, le respect qui en résulte pour la propriété de tous les citoyens, sans exception de personnes ou de classes, enfin la faculté qu ont ces mêmes ciloyens d'exercer utilement pour eux et pour la nation les droits qui caractérisent un peuple libre et indépendant.
Mais afin de s'assurer ces bienfaits pour toujours, les Hellènes doivent prouver au monde par le témoignage des faits qu ils n en abuseront jamais. Pour le moment ils donneront celte preuve par la régularité avec laquelle ils procéderont aux élections, par le choix qu ils feront de leurs plénipotentiaires, enfin par le résultat des délibérations du congrès. Ne négligez rien pour leur donner la profonde conviction , que leur avenir dépend de cette preuve.
Les ennemis de l'indépendance et de la liberté de la Grèce s empareront des circonstances les plus fortuites, des événements les plus insignifiants, pour présenter à l'Europe cette malheureuse nation sous les couleurs les plus dé&vorables. Cette considération majeure et les autres qui se rattachent aux plus grands intérêts de Tétat, doivent diriger la marche légale des opérations électorales, et éclairer les suffrages des citoyens dans le choix qu ils feront des électeurs et des plénipotentiaires. Ils oublieront, nous n'en doutons pas, tout intérêt personnel ou particulier.
Persuadez-leur bien que le congrès national ne sera pas dans une position où il puisse distribuer les indemnités ou les récompenses que la patrie doit aux sacrifices qu'ils
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ont Mis. Il ne s*agit pas de partager pour le moment une fortune que nous ne possédons pas encore; mais il s agit de prendre des mesures sages, au moyen desquelles Vétat puisse devenir florbsant , en mettant en valeur les terres nationales, en fieiisant honneur à ses engagements envers les créanciers étrangers ^ et en faisant droit aux réclamations fondées en justice, et qui seront dûment liquidées par les commissions déjà établies. D'ailleurs nous ignorons jusqu ici quelles seront les décisions que, dans leur justice et leur bienveillance , les cours alliées prendront relativement à Texëcution du traité du 6 juillet.
Le gouvernement s'empressera de communiquer au congrès national tous les documents qu'il possède, et qu'il pourra se procurer encore, pour l'éclairer. Le congrès jugera dans sa sagesse des pouvoirs qu'il devra conférer^ pour qu'en temps opportun le gouvernement puisse contribuer de tous ses moyens à ce que les vœux de la nation s'accomplissent.
Le congrès national ^ après avoir jugé de l'administration provisoire de l'état durant l'année qui vient de s'écouler, statuera aussi sur le mode d'après lequel cette même administration devra être réglée sur les bases déjà arrêtées par les congrès antérieurs, et jusqu'à ce que létat puisse fonder ses institutions d'une manière immuable.
C'est en se pénétrant de l'importiince de ces graves intérêts, que les citoyens choisiront des plénipotentiaires qui, par T indépendance de leur caractère et par leur sagesse, répondront à Tespoir qui nous anime, en rem-
AU LlKUTSHAIifT PLÉNIPOTKMTUIRE. 75
plissant religieusement le mandat sacré qu ils recevront. Vous nous informerez, Messieurs, du résultat produit par la communication de la présente circulaire. Nous sommes prêts à rendre compte à Dieu et li la nation de ce que nous anrons fait pour remplir nos devoirs.
Nauplie^ -r mors 1829.
Nous reconnaissons avec vous et la justice et la nécessité de venir au secours des nombreuses familles qui peuvent périr de misère et de faim jusqu'à la récolte- Quelque épuisées que soient nos ressources, nous venons d^ordonner à M. Kôring d^envoyer directement à Talandi, avec un homme de confiance, environ 300 kilos de biscuit. Ce biscuit se trouve dans les dépôts de Nauplie , et quoique Tapparence n*en soit pas favorable , il n'est pas moins bon. J'en ai essayé moi-même, et il peut servir d'une excellente nourriture pour des hommes qui en manquent tout à fait. M. Koring qui vient auprès de vous arrivera, j'espère, assez à temps pour que vous puissiez envoyer de votre coté des hommes de confiance qui veillent à la distribution équitable de ce secours.
Quant aux 2,500 kilos de blé sarrasin que vous de-
mandez pour secourir Livadie et les autres provinces de la Grèce continentale , nous donnons à M. Koring la somme de 23,600 piastres, et nous le chargeons d*acheter sous votre direction le ble' de Turquie à Patras ou ailleurs, et de le distribuer dans les formes que vous jugerez les plus convenables , à Teffet de prévenir les abus et les malversations, et pour que les malheiœeux soient charitablement secourus.
Nauplie> -- mars 1829.
La ville de Nauplie, au lieu de se relever, tombe de plus en plus en ruines, à mesure que les pluies usent les faibles restes du ciment qui retient encore quelques vieilles murailles sur leurs fondements. Ces jours derniers Tune d'elles s'est ëcroule'e et une malheureuse femme en a ëtë la victime. Des catastrophes semblables menacent plusieurs quartiers de la ville, et il est du devoir du gouvernement de prendre les mesures qui peuvent les pre'venir. Nous avons par conse'quent ordonne' au colonel Pisa, commandant de la place, de faire démolir les maisons nationales qui menacent de s'écrouler, et nous avons fait engager, par l'organe du gouverneur provisoire , les citoyens qui ne manquent pas de fortune ni de zèle à s'occuper sérieusement de la res-
tauration des malsons que Ton peut encore conserver.
Vous n'ignorez pas, Messieurs, que là presque-totalité des maisons de cette ville est nationale, que plusieurs ont e'te' vendues avec l'approbation et d'autres sans l'approbation du congrès , et que plusieurs enfin sont occupées arbitrairement et abusivement. Dès lors personne depuis huit ans n'a cru devoir les conserver, personne peut-être ne pense y trouver son compte.
Dans cet état de choses, et pour garantir, autant qu'il peut dépendre de nous, la nation des conséquences fôcheuses qui en résultent, nous croyons de notre devoir de prendre des mesures générales , que nous proposons maintenant à votre examen. Vous voudrez ensuite recueillir à leur égard l'opinion du Panhellénium et nous en faire part.
l**. Les maisons nationales que renferme l'enceinte de Nauplie, lesquelles par leur dépérissement vont s'écrouler, en menaçant ainsi la vie des habitants du voisinage , seront démolies ; les matériaux seront recueillis et mis à la disposition du gouvernement.
2**. Les maisons ou édifices qui sont la propriété particulière des citoyens et qui se trouvent dans la même catégorie, seront également démolies, après toutefois que les propriétaires auront été avertis d'y pourvoir euxmêmes, et qu'ils auront laissé écouler un mois sans prendre aucun soin.
3". Le gouvernement accordera à tous ceux qui lui en feront la demande la faculté de bâtir, ou sur les
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fondements des édifices démolis ou sur un terrain libre ; mais ils bâtiront d*après le plan et les alignements que Tarchitecte de la ville sera autorisé à leur tracer.
4''. Les conditions auxquelles cette faculté sera accordée seront les suivantes :
a. Le gouvernement fera procéder par une commission d'experts à Testimation du fonds et des matériaux, s'il en existe; sur cette estimation le gouvernement fera procéder à la vente par enchère.
b. Clelui auquel le fonds et les matériaux seront adjugés en paiera la valeur au trésor, contre un décret qui lui assurera la propriété à perpétuité, sauf cependant 4'approbation du congrès national.
c. Pour le cas oii le congrès refuserait cette sanction, le gouvernement s'engage à rendre au propriétaire la somme qu'il aura payée au trésor, et à l'indemniser en même temps des frais de construction qu'il aura faits , soit pour restaurer un ancien édifice, soit pour bâtir sur un terrain libre. Dans cette hypothèse, ces frais seront évalués d'après une estimation contradictoire, c'est-àdire par des experts nommés par le gouvernement et par le propriétaire.
5*". Les propriétaires qui auront acheté des maisons nationales avec ou sans l'approbation des congrès antérieurs, seront invités à présenter au gouvernement, dans le délai de trois semaines, les documents sur lesquels ils fondent leurs droits. C'est sur l'examen de ces documents que le gouvernement décidera des mesures nécessaires,
A M. milTSCH DE CHA8TEL. 79
pour que justice soit faite, et pour que les édifices ne dépérissent pas d'avantage.
C'est dans ces principes, qui trouvent d'ailleurs leur sanction dans les actes des assemblées nationales, que j'engage la section de l'intérieur du Panhellénium à rédiger sans perte de temps une ordonnance dont l'exécution accélérerait sans doute la restauration non-seulement de Nauplie, mais de Corinthe, de Patras, et des autres villes, bourgs et villages de la Grèce qui sont en ruines.
Nauplie, -- mars 1829.
Le porteur de ces lignes est le moine grec Galaction , qui vient à Crenève pour se perfectionner dans l'art de l'horlogerie , où il a déjà acquis des connaissances en les puisant dans son génie naturel. M. le docteur Gosse, qui me l'a fortement recommandé, vient de me donner l'assurance qu'en travaillant six mois sous la direction d'un bon professeur, ce moine sera en état de revenir en Grèce, d'y exercer son art et de faire même des élèves.
Désirant contribuer à un résultat aussi utile pour ce pays, je me chai^ge des A^ais d'entretien du nokoine à*Genève, ainsi que des ferais de voyage. Je vous autorise par conséquent à tenir à sa disposition jusqu'à la con-
currence de 600 francs, dont vous débiterez la caisse des orphelins.*
Je recommande en outre ce moine à votre bienveillance, et j'espère que vous voudrez le recommander à M. Dufour et aux autres professeurs qui portent à la Grèce un noble intérêt.
Nauplicj --• mars 1829.
Je vous envoie ci-jointe, Messieurs, une pe'tition de M. Démëtrius-André Miaoulis, par laquelle il demande d'acheter à l'état le marais dans le voisinage de Nauplie , connu sous le nom de Gljkia. Je joins aussi le rapport de la démogérontie sur cette même pétition, ainsi que celui du gouvernement provisoire de Nauplie.
Quoique le gouvernement n'ait pas le droit d'aliéner
* Le président avait FintenlioD de présenter une fois ou une autre le compte-rendu de celte caisse , afin que les Grecs connussent tous leurs bienfaiteurs y et ceux-ci la manière dont il avait répondu à leur confiance. Quoique ce compte nous ait été fort obligeamment remis par MM. Hentsch et G* « nous ne le publierons pas ici dans tous ses détails. Nous dirons seulement qu'à l'époque de la mort du président, la caisse soldait par un déficit de 2>834 francs 10 centimes, qui fut comblé par les héritiers du comte Gapodistrias. En outre les mêmes héritiers continuèrent a payer les pensions des orphelins jusqu'à la fin de décembre 1831 > ce qui augmenta pour eux la dépense de 1,699 francs 13 centimes.
{Note de VÉdiieur,)
à perpétuité aucune propriété' nationale, vu néanmoins Turgence de préserver la ville de Nauplie des émanations malsaines dont ce marais Tentoure , nous croyons que le gouvernement pourrait utiliser les bonnes dispositions de M. Miaoulis, en adoptant les mesures suivantes :
!•. Le gouvernement ferait proce'der à Tarpentage du marais de Glykia.
2*. Il ferait estimer par des experts la valeur actuelle de ce terrain.
S"". Sur la base de cette estimation, on le vendrait à Tenchère au plus offrant, à condition toutefois que Tacheteur prît rengagement de commencer immédiatement les travaux destinés à assainir et à mettre en valeur ce marais.
4"*. U paierait à la caisse publique le prix pour lequel ce marais lui serait accordé en propriété perpétuelle, sauf la sanction du congrès national.
ô*. Si le congrès national n'approuvait pas cette vente, le gouvernement s'engagerait à restituer immédiatement à Tacheteur la somme qu'il aurait payée au trésor, et l'indemniserait aussi des dépenses qu'il aurait faites pour mettre en valeur le dit terrain marécageux, en lui accordant pour l'une et pour l'autre somme les intérêts de 6 ou de 8 pour 100.
Veuillez , Messieiu's, prendre en considération les mesures que je viens de vous proposer, et veuillez ensuite les faire porter à la connaissance du Panhellénium par
la section de rinterieur. Vous nous ferez connaître son opinion le plus promptement que faire se pourra.
Nauplie, — mars 1829.
Les rappoits que vous m^avez adresses jusqu'à la date du 5 (17) mars renferment différentes informations sur des affaires trop graves , pour que je puisse les décider dans ce moment et sans connaître d^avance Topinion du conseil et du Panhellenium.
Les plus importantes de ces communications sont celles qui vous ont ëte adressées par MM. Dawkins et Gropius. L*un et Tautre attaquent la légalité des actes . du tribunal des prises , Tun en demandant la révision de ses sentences , Tautre en vous annonçant officiellement qu'il doute que le gouvernement de S. M. Britannique soit disposé à reconnaître la juridiction du tribunal des prises, tel qu'il est actuellement constitué.
Désirant connaître sur cette grave question l'opinion du conseil et du Panhellénium , je vous engage à rédiger un rapport dans lequel, en votre qualité de secrétaire pour les affaires étrangères , vous leur articulerez vousmême votre opinion. Vous soumettrez ce rapport à vos collègues, et vous le transmettrez ensuite avec toutes
A M. TRIGOUPIS. 83
les pièces au Panhellenium , pour qu'il nous donne aussi son avis. La section de Tintërieur comptant des jurisconsultes au nombre de ses membres , sera plus particulièrement appelëe à nous éclairer sur ces grands intérêts.
Si MM. Dawkins et Gropius insistent pour avoir une réponse de votre part, vous leur ferez connaître que le gouvernement s*occupe de leurs demandes, et qu il ne manquera pas de porter à leur connaissance les décisions qu'il prendra. Lorsque j'aurai sous les yeux votre rapport, ainsi que l'opinion du conseil et du Panhellenium, je minuterai alors les réponses que vous donnerez à MM. Dawkins et Gropius.
Quant à la réclamation concernant l'indemnité pour le blé pris par les autorités de Grabuse, je doute que le gouvernement puisse se dispenser de payer cette dette. Ce qu'il peut peut-être, c'est d'en ajourner le paiement. A cet effet vous pourrez répondre qu'il tâchera de porter le conseil de Candie à payer la somme de 1 ,200 talaris, et que au cas oîi celui-ci soit dans l'impossibilité de remplir pour le moment ce devoir, ce sera le gouvernement qui s'en chargera. Le conseil ministériel en écrira en conséquence de notre part au conseil de Candie.
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Nanplie, — mars 1829.
Je suis tous les jours à la veille de mon départ pour les places de la Messenie, et tous les jours de nouveaux embarras me retiennent ici , m^obligeant à aller soigner dans les environs des affaires qui ne peuvent être réglées facilement que par l'action directe du gouvernement.
C'est en revenant hier d'une petite tournée que j'ai dû faire à Spetzia, à Hydra, à Hermione et à Cranidi, que j'ai reçu la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire en date du 16 mars. Il me serait impossible, Monsieur le gênerai, de vous exprimer quels sentiments m'ont fait éprouver les nouvelles preuves d'intérêt et de bienveillance que le roi votre auguste souverain se plaît à donner aux Hellènes. Plus Sa Majesté honore de son suffi*age aux yeux de la France et de l'Europe les services immenses qu'ont rendus à la Grèce l'armée, ainsi que le noble chef qui l'a conunandée, et plus les vœux des Hellènes s'accomplissent.
Votre Excellence m'annonce aussi des nouvelles satisfaisantes par rapport aux réponses qu'elle attendait de Paris. Je ne doutais pas de ce résultat. Il me tarde maintenant, Monsieur le marquis, de venir vous offrir mes actions de gruces pour la continuation des bienfaits que vous nous avez procurés , et de vous exprimer aussi mes
félicitations les' plus sincères et les plus cordiales, h T occasion de votre élévation au grade de maréchal.
Je partirai d'ici vers la fin de la semaine ; mais comme il faut que je m'arrête quelques instants à Tripolitza et en d'autres endroits qui se trouvent sur ma route, je ne serai à Coron que dans quinze jours environ.
Nauplie, -r mars 1829.
C'est avec peine que je vois les dififérentes difficultés qu'élève le conseil relativement aux propositions faites par l'Américain M. Howes.
Si ce noble ami des infortunés n'avait donné du pa!n et du travail aux nombreuses familles auxquelles la construction de l'orphanotrophe ne pouvait plus en offi'ir, que seraient-elles devenues? Les travaux du quai d'Égine étant à leur terme , et le docteur Howes m'ayant consulté sur ce qu^il pouvait faire pour secourir encore les mêmes familles, je l'ai fortement engagé à s'occuper de leur établissement dans quelque terre nationale, et je lui ai promis toute l'assistance qu'il serait au pouvoir du gouvernement de lui prêter. À.insi la lettre qu'il vous écrit en date du 4 (16) mars n'est qu'une conséquence des premières explications qu'il a eues avec moi.
Ni le lieu qu'il a choisi, ni l'étendue de terrain qu'il
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demande , c'est-à-dire les 5.000 stremmes, ni Texemption pour cinq ans de tout impôt, ne sont selon moi des conditions que le gouvernement puisse rejeter.
Je dis le lUu^ parce que si rassemblée nationale de Trëzène, en accueillant la demande de quelques pétitionnaires de Smyme , leur a prorais des concessions dans le même espace de terrain, celle qu'on ferait actuellement aux pauvres que les Américains coloniseraient , n'empêcherait pas les pétitionnaires de Smyme d'en obtenir pour eux. D'ailleurs je ne sache pas que personne se soit présenté jusqu'ici au gouvernement pour réaliser le projet de la fondation de la nouvelle Smyme, Je doute même que les pétitionnaires soient asseï^ nombreux et possèdent les capitau:i( qui sont nécessaires pour l'accom-r plissement d'un si vaste dessein. Quoi qu'il en soit, la colonie des pauvres sera à tout événement un heureux commencement de cette grande entreprise. Les 5,000 stremmes aujourd'hui sont incultes; et grâce aux bienfaits des Américains, ce désert sera cultivé et donnera du pain aux indigents.
Je dis V exemption de tout impôt pour cinq ans^ car ce n*est pas une concession, mais une aumône que l'état doit à des malheureux, victimes innocentes des plusi cruelles catastrophes,
Je suis si convaincu de la justice du congrès national, que je n'hésite pas à prendre sur ma seule responsabilité la mesure dont il s'agit. Je réponds par conséquent par la lettre ci-jointe à M, Howes, et je vous prie, Messieurs,