‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 43 sur 95 · MINISTRE DE L'INTÉRIEUR · texte numérisé non relu

MINISTRE DE L'INTÉRIEUR

13 avril 1815.

Monsieur le comte, je m*empresse de vous fiaire part des détails qui me parviennent des généraux commandant les divers départements, au sujet des mauvaises dispositions et des sourdes menées de quelques administrateurs dévoués aux Bourbons, qui exercent une influence d'autant plus dangereuse qu'elle ne s'étend pas seulement sur les administrés, mais qu'elle arrête ou paralyse les mesures les plus importantes de l'autorité militaire.

M. le lieutenant général Fressinet, commandant à Rouen, parmi les détails dans lesquels il entre avec moi à ce sujet, fixe l'attention sur le mal que cause l'ex-ministre Dambray, qui réside aux environs de Rouen. Ce général observe que la plupart de ceux qui occupent les principaux emplois dans ce pays, lui en sont redevables, et qu'ils n'agissent que par son impulsion. M. le comte de Girardin, préfet de ce département, est peut-être le seul qui soit réellement attaché à l'Empereur; les autres, à peu d'exceptions près, sont malintentionnés ou au moins très-indifFérents. Le maire de Rouen aime l'Empereur, mais il n'a aucun élan; il ose à peine témoigner sou opinion. — Son conseil municipal est des plus mauvais. En général, tous les maires dans ce pays sont nommés par les Bourbons et du choix de M. Dambray; s'ils ne peuvent nuire à l'Empereur, ils le servent fort mal.

M. le général Fressinet regarde la nécessité de leur changement comme très-urgente. Ces gens-là entravent toutes les mesures du gouvernement, corrompent l'esprit des campagnes et arrêtent l'impulsion. Ce serait d'ailleurs le moyen d'anéan*

tir des Eactions qui seraient réprouvées de Tautorité et qui n'oseraient plus se trouver sous leur égide.

Tel est, ajoute ce général, l'état de ce pays. Vous jugerez sans doute qu'il doit attirer Tattention du gouvernement. Le bien l'emportera sur le mal, si Ton prend les mesures nécessaires; mais une plus longue existence de l'état actuel d'apathie et de malveillance des autorités locales pourrait avoir de fâcheuses conséquences.

Le général de Blammont, ci-devant à Abbeville, fait les mêmes réflexions, au sujet des maires de villages. Dans l'arrondissement d' Abbeville, il assure qu'ils sont presque tous nobles et ennemis déclarés du gouvernement actuel. Le mal qu'ils font est d'autant plus grand que si cette partie essentielle de l'administration n'est point promptement changée, on peut s'attendre à voir toutes les opérations du gouvernement, relativement à la partie militaire, entravées ou paralysées. — M. Daumont, préfet, est bon; il fera son possible pour remédier au mal et changer cette disposition d'esprit et d'opinion. — Un des hommes les plus dangereux est le maire de la commune de Saint-Blimont.

L'importance de ces faits vous fera juger, Monsieur le comte, du cas et de l'urgence que vous croirez devoir en faire pour le bien de la chose et le service de l'Empereur.

14 a^nl 1815 '.

Sire, Votre Majesté m'a ordonné de lui faire des propositions de lieutenants- généraux, maréchaux de camp et adju-

' C*était en éxecution du décret pour la levée et Toi^anisation des gardes nationales, mesure longuement exposée par TEmpereor dans une lettre du 3 avril au général Andréossy, président de section au conseil d'État. L'Empereur avait prévenu par lettre du 10 avril le ministre de la guerre qu'il venait de lever « prés de 100,000 gardes nationaux, grenadiers et chasseurs pour garnir nos frontières ■ , en lui donnant des instructions pour l'armement des gardes nationaux. Il lui avait demandé aussi des propositions de généraux |K>ur l'organisation de ces levées.

danfs commandaDts poar être employés dans les dirisions actires, pour la levée des gardes nationales ci des département». Votre Majesté se réserrant d*T donner son approbation, oa d*T faire les changements qu'elle jugerait cooTenaUes.

Ce travail e^ depuis deux jours sons les yenx de Yotre Majesté. Je la supplie de vouloir me donner ses ordres, pour que les levées de gardes nationales puissent être activées toat de suite.

14 avril 1815.

Sire, j'ai Thonneur d'adresser à Yotre Majesté une note de M. le comte Daru, sur le marché Doumerc. Tout ce que j'ai lu de rapports ces jours-ci vient à l'appui de son opinion.

A Metz surtout, on se plaint de ce service. 11 est instant que Votre Majesté approuve ce marché, pour qu'on ôte tout pré- 1 texte. Il n'y aurait d'ailleurs aucune possibilité de fiadre une autre entreprise, car on ne trouverait pas sans doute un autre traitant; d'ailleurs, jusque-là, on tomberait dans le système des réquisitions, si funeste au pays.

14 avril 1815.

Monsieur le comte, je reçois votre lettre du 12, sur l'affaire relative au 12' régiment de dragons; c'est une chose extrêmement délicate. D'après votre exposé, je suspecte fort les dispositions du colonel Adrien d'Astorg.

En réunissant le corps d'officiers, vous ne pouviez point connaître la vérité.

Donnez au colonel d'Astorg un congé pour se rendre à Paris, avec ordre de se présenter chez moi . Gela vous donnera tout le temps nécessaire pour bien connaître la vérité. Vous

ferez rentrer au régiment les sous-officiers dont il est question. Je vous autorise cependant, si vous trouvez de Tinconvénient à replacer ces sous-officiers dans leur grade, à attendre encore ; mais il faut toujours envoyer le colonel à Paris. Pendant son absence, les officiers diront la vérité : il faut les attirer chez vous. Quand vous serez instruit, vous m'en ferez part.

U avril 1815.

En suite des ordres de Votre Majesté, j'ai écrit au maréchal duc d'Albuféra de partir de Lyon et de se rendre dans les 9" et 10' divisions militaires, d'y passer la revue de toutes les troupes, d'ôter les officiers qui sont peu sûrs, de les remplacer par ceux en non-activité dans les départements, et de revenir ensuite à Paris.

15 avril 1815.

Monsieur le comte, de tous les côtés il arrive des réclamations de la part des corps, qui ne peuvent habiller les soldats qu'ils ont reçus, en vertu de l'appel qui a été fait il y a trois ou quatre mois. Plusieurs raisons sont données. Les uns annoncent n'avoir pas reçu les draps; les autres manquent de fonds ; d'autres, parce qu'ils ont été obligés d'acheter des draps qui étaient d'une trop mauvaise qualité.

Cet état de choses doit donner des inquiétudes pour l'habillement des soldats qui doivent rentrer en vertu du dernier appel.

J'invite M. le comte Daru à appeler chez lui le chef de division que cela regarde, et toute personne qu'il jugera utile, pour aviser aux moyens de parer aux inconvénients majeurs que je prévois, si l'on ne prenait des mesures efficaces.

On craint qu'il n'y ait pas en ce moment de drap bleu pour la troupe en suffisante quantité, on propose d'augmenter les métiers, ce qui demande un temps considérable.

Ne pourrait-on pas, en attendant qu'on ait le drap bien nécessaire, habiller les soldats avec une bonne capote, pantalon, veste et guêtres? On enverrait des fonds pour qu'on puisse acheter ces étoffes sur les lieux. Les mesures que Ton proposera d'après cette idée doivent avoir une grande influence sur son effet.

Dans la campagne dernière, la plus grande partie des troupes alliées étaient habillées de cette manière, et cependant la saison était rude. Le point important est de mettre de l'uniformité, au moins par régiment, dans la couleur des draps pour capotes.

Je désirerais que M. le comte Daru me présentât dans le jour le projet d'un rapport à l'Empereur sur ces données, dont l'objet est d'une grande urgence.

MINISTRE DE L'iNTÉRIEUR.

15 avnl 1815.

Monsieur le comte, M. le comte Regnault de Saint-Jean d'Angély vient de me donner communication d'une lettre d'Agen, contenant des détails fort importants sur la malveillance et l'esprit d'opposition et de rébellion de quelques hommes, dont il est temps de réprimer l'audace, qu'une trop longue indulgence pourrait rendre dangereuse.

La bonne composition des fonctionnaires étant d'une grande influence sur la conduite et l'esprit des habitants, et le préfet et le sous-préfet ayant donné leur démission, j'ai cru devoir transmettre à Votre Excellence l'extrait de cette lettre qui donne ces détails, pour que vous en fassiez l'usage que vous croirez le plus utile au service de l'Empereur.

J'ai également fait part de ces renseignements au général

Lucotte, commandant la 10' division à Périgueux, pour qu'il prenne les mesures de répression que sa présence sur les lieux lui donne le moyen d'employer avec célérité et utilité.

15 avril 1815.

Sire, M. le général Lemarois m'écrit par sa lettre du 13 de ze mois que le mauvais esprit qui règne parmi les habitants lu Havre, et le danger qu'il y aurait à dégarnir en ce moment es forts de la place de Cherbourg, où cependant l'esprit est neilleur, l'ont obligé de suspendre le départ des premiers bataillons du 5' régiment d'infanterie légère et du 86* régi- [nent, qui avaient reçu ordre de se rendre à Paris *.

Je prie Votre Majesté de me donner ses ordres à cet égard.

15 avril 1815.

Monsieur le maréchal, je reçois votre lettre confidentielle. Vous me permettrez de la mettre dans un moment opportun sous les yeux de l'Empereur, puisqu'elle annonce un excellent esprit. Vous n'avez écoulé que le service de l'Empereur et sacrifié, dans cette circonstance, les lois de la discipline ; vous n'avez tenu compte au général Grouchy que de son zèle et de son dévouement.

Vous trouverez dans une lettre ci-jointe les intentions de

* L^Empereur au maréchal DavouC. — « Paris, 18 avril 1815. Mon cousin, donnez ordre a Lemarois de faire partir sur-le-champ les deux régiments qui sont au Havre et ceux de Cherbourg. Les dépôts, les bons citoyens de la r^ormandie et les troupes de marine suffiront d*abord pour garder ces places, et d'ailleurs ils vont recevoir le décret sur les gardes nationales ; mais il est impoi*tant que nos troupes soient sur les frontières. Actuellement que le Midi est pacifié, donnez Tordre positif que tous les régiments qui se trouvent de ce côté se rendent à la destination que je leur ai donnée... » (Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 109.)

I*Empereur, qui vous prescrivent d'aller faire une tournée dans les 9* et 10* divisions militaires; faites-la promptement pour revenir ensuite à Paris.

J*ai transmis au ministre de Tintërieur que cela concerne, copie de votre lettre du 1 1 avril, relative aux commissaires extraordinaires.

Faites passer les dépêches ci-jointes au général Grouchy, par un courrier extraordinaire.

Il paraît que vos équipages sont partis de Strasbourg. Vous ferez bien de les diriger sur Dijon, car, quelle que soit votre destination, ils seront plus à portée de vous. J'adresse aujourd'hui à l'Empereur votre demande pour la décoration en faveur du canonnier Pierre Petron, du 4* régiment d'artillerie.

15 mvril 1815.

Monsieur le général. Sa Majesté a reçu votre lettre du 12 de ce mois, à cinq heures du matin, de Pont-Saint-Esprit; elle a vu avec plaisir que vous marchiez sur Marseille : elle espère apprendre ce soir ou demain, par le télégraphe, que vous êtes entré dans cette ville, qui est la seule de France qui ne soit pas ralliée.

Jedésire que vous soyez parvenu à faire arrêter M. de Rivière, qui est un des grands partisans de la guerre civile. II abhorre la France, et il est un de ceux dont les conseik ont perdu les Bourbons. Vous l'enverrez en poste à Paris, en prenant toutes les précautions pour l'empêcher de s'évader.

L'officier qui le conduira viendra prendre mes ordres à son arrivée ici.

Le maréchal duc d'Albuféra a dû vous transmettre les ordres de l'Empereur sur la division que vous devez diriger sur Belfort et sur l'organisation de votre corps d'armée.

11 est important que vous fassiez diriger promptement sur Belfort la division qui doit y être envoyée, et que vous metties

DU MARëGHAL DAVOUT. — 1815. 445

»si promptement à exécution toutes les dispositions prestes pour votre corps d'armée.

i^ous pouvez écrire à l'Empereur ; mais il est nécessaire, ir éviter une perte de temps et parce que c'est dans l'ordre travail de notre gouvernement, de correspondre directent avec moi. Autrement, ce serait aller contre les conveices et occasionner une perte de temps nuisible au service.

15 avril 1815.

Monsieur le général, votre dépêche télégraphique du 14, [ annonçait la conversation d'un officier bavarois, sur le )art de l'impératrice Marie-Louise, ne se confirmant pas, st vraisemblable que cette nouvelle est prématurée, il parait que l'on cherche à nous couper toute communicaa, pour tromper les peuples sur ce qui se passe en France.

négligez rien pour faire passer les nouvelles. Je vous verrai chaque jour dix Moniteur, Faites-en répandre dans pays, vis-à-vis de vous.

Lies derniers Moniteur dont je vous envoie une collection, ; fait ici une grande sensation : ils sont faits pour cela; ;es-les connaître, etc., etc.

Li'Empereur a ratifié le marché passé avec la compagnie umerc. Le service courant du pain et des fourrages doit e assuré. Donnez-en avis à votre commissaire ordonnateur, ir qu'il fasse mettre à exécution les dispositions de ce rché dont il doit avoir connaissance, et particulièrement le concernant l'approvisionnement de vivres pour trois is d'avance.

!Te négligez rien pour avoir des renseignements positifs sur

étrangers vis-à-vis de vous, sur leur force, leur réun, etc.

Sire, rex-général Daultanne et le générai Briche sonti arrivés à Paris. Je leur ai donné Fordre de garder les arréU de rigueur, jusqu^à nouvel ordre.

Votre Majesté, dans une de ses lettres du 13, me demande de lui faire connaître d*où est le général Daoltanne.

Il est de Vauréas, département de Vancinse. Je ne pense pas que Votre Majesté veuille Ty laisser aller.

Je la prie de me donner ses ordres '.

13 mTril 1813.

Monsieur le maréchal, je suis chargé par TEmpereur de vous prévenir que Sa Majesté recevra votre serment demain avant la messe.

Il sera nécessaire que vous soyez rendu dans les appartements des Tuileries vers onze heures du matin.

1598, — AU MARÉCHAL DUC DE DALilATIE.

Monsieur le maréchal, je reçois votre lettre de ce jour, à dix heures et demie du matin, où vous me dites que la lettre que je vous ai écrite hier soir ne fait que de vous parvenir.

Hier, à dix heures et demie du soir, j'ai reçu du duc de Bassano l'invitation de vous prévenir d'être rendu aujourd'hui

' L'Empereur au maréchal DavuuC. — « Paris, 18 avril 1815. Mon coufflOf j'ai (lefltitué lea {jéneraux Sonliam, Dupont, DcMoles, Maison, Edmond Pcrigord, Daultanne, Monnier, Loverdo, Curto, Briche, Leclerc, etc. Mon intention est que CCS généraux soient effacés des contrôles, des pensions de retraite, ou de réforme, ou même d'activité, qu*ils auraient obtenues. » (^Correspondance de Napoléon, p. XXVIII, p. 111.)

ïu château des Tuileries, à onze heures du matin, pour y >réter votre serment.

A dix heures trois quarts, ma lettre était faite et partie pour 'ous en donner l'avis. Vous trouverez ci-joint un reçu signé l^un homme de chez vous, qui prouve qu'à onze heures du »oir, un de vos gens avait reçu cette dépêche.

16 avril 1815.

Monsieur le maréchal, je reçois votre lettre du 14 de ce iiois, où vous me demandez si les chevaux des volontaires *ovaux que vous faites prendre doivent être payés. Je vous nvite à faire remettre ces chevaux et leur harnachement aux lépôts de cavalerie qui se trouvent dans la 19' division, et notamment à Lyon, sur des procès-verbaux estimatifs, en donlant tous les ordres et instructions nécessaires pour éviter les ibus. On me fera ensuite connaître le nom des propriétaires, >our que je prenne les ordres de l'Empereur pour les faire )aver.

Dans une autre lettre de la même date, vous m'annoncez [ue les enrôlements, en exécution de la lettre du 2, se muliplient à Tinfini; que des jeunes gens de Lyon et environs ^eulent tous entrer dans le 4* de hussards, et qu'une com- )agnie de volontaires à cheval de 120 hommes s'est présentée lu dépôt de ce régiment pour y être incorporée.

Il faut prescrire au dépôt et au conseil d'administration de ;e régiment et des autres de faire des rapports et d'envoyer les états de demandes de chevaux et de fonds, pour qu'on )uisse prescrire des dispositions en conséquence et rappeler es corps à toutes les formes réglementaires et dispositions idministratives. Sans cela, on s'exposerait à une confusion jui donnerait lieu aux plus grands abus.

J'ai mis sous les yeux de Sa Majesté votre lettre du même our qui accompagnait celle de M. de Baufremont, aide de

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camp du roi de Naples '. Si ces ooaTelIes ne se confirment pas ftou.s quarante-huit heures, elles seront controaTées, ou ao moins bien exagérées. Il est possible que ma lettre ne tous trouve pas à Lyon ; dans ce cas, elle sera décachetée par le général qui y commande, qui tous la fera passer après en avoir extrait les dispositions qui le concernent.

Le maréchal Brune part demain soir, ponr aller prendre le commandement de la 8* division militaire. Le général Grouchy doit aller porter son quartier général à Chambéiy.

Faites dire au général Préral, qui doit venir à Paris, de se hâter, sa femme étant malade.

1600. — AU GÉXÉRAL GROUCHY.

16 «Tril 181S.

Monsieur le général, une dépêche télégraphique a annoncé que Marseille avait arboré la cocarde nationale, et que toutes les communications étaient libres en Provence. On va donc célébrer dans tout Tempire cette heureuse nouvelle, qui

' Murât, après aroîr abandonné Napoléon en eMayant de hùre sa paix avec la coalition en 1814, renaît de le compromettre encore en ce moment par une folle tentative. Secrètement réconcilié, an moins en apparence, arec ¥» lieau-frère a la reille des Cent-Jours, informé du départ de Napoléon de 111e d'Elbe et bientôt enflammé par les nourelles de la marcbe prodigieuse At l'Empereur, il se laissait aller à son impétueuse léfjèreté. Malgré les oonsôb très-politiques de circonspection et de résenre que lui faisait transmettre Napoléon, il arait levé le masque, le 31 mars, par un manifeste oà il se proclamait roi d'Italie, et il s'était mis en mourement avec son armée sur le nord de la Péninsule, par les Marches et les Légations, au risque de se beorter prématurément contre les Autrichiens. Il se flattait de profiter des circonstances dans l'intérêt de son ambition et croyait pouvoir ruser arec 1» Autrichiens, arec les Anglais, aussi bien qu'avec Napoléon lui-même. Malheureusement, il n'éuit qu'un héros li tête légère, qui allait au-derant de la défaite. Repoussé par les Autrichiens, le 8 avril, dans une tentative pour passer le Pô, poursuivi par près de 60,000 hommes aux ordres de Bianchi et de Neippcrg, battu peu après, le îî avril, à Tolentino, il n'avait que le temps de regagner secrètement Naples et de s'embarquer sur un bâtiment léger pour la Provence, laissant sa femme chargée de négocier la reddition de Naplei aux Autrichiens et aux Anglais. Au lieu de servir sa propre cause ou de servir son beau-frère, il venait de se perdre à jamais sans profit pour Napoléon.

rendra que le seul point où il y avait des insurgés est sou- , et sera bientôt aussi français que les autres provinces '. Tous recevrez, par ce courrier, des ordres que je vous iteà exécuter avec célérité.

-e maréchal Brune part demain soir pour le gouvernent de la 18* division militaire à Marseille. Chargez, en endant, un officier général de ce commandement, le mande au général Dessaix de se rendre tout de suite à ambérj'.

L'Empereur a confirmé le marché Doumerc. Prescrivez X agents de cette compagnie de bien assurer le service et e loutes les mesures soient prises, pour n'être pas à charge pays.

Je vous engage, Monsieur le général, à faire munir vos upes d'ustensiles de campement, gamelles, marmites, Ions, etc.

Connaissant vos principes, il est inutile de vous recommanr de maintenir la meilleure discipline dans vos troupes. Je suppose que vous avez pris toutes les mesures pour la

Après le départ du duc d'Ai^^oulèine, le {vcncral Grouchy avait continué I mouvement sur Marseille; mais pendant ce temps le maréclial Masséna lit arl>oré le drapeau tricolore et rétabli Tautorité impériale à Marseille. A

faits se rapportent les deux lettres suivantes de l'Empereur : /Empereur au maréchal Davout. — « Paris, 16 avril 1815. Mon cousin, rous envoie une dépêche téléfjraphique qui annonce que le drapeau trico- (* flotte à Marseille. Donnez Tordre qu'à midi il soil tiré cent coups de ion aux Invalides. Vous ferez imprimer la dépèche télé{p*aphique sur-leimp, et vous la ferez répandre avec profusion. Vous enverrez Tordre à le et à Strashoui*}; qu'on fasse tirer cent coups de canon dans ces deux les et sur toutes les places de nos frontières. Vous donnerez le même ordre Jrest pour cette ville et pour toutes les places de la côte. ■ (Correspondance Napoléon, t. XXVIII, p. 102.)

Ï/Empereur au maréchal Masséna. — « Paris, 18 avril 1815. J'ai reçu tre letti-e du 13 et celle du 14- avril. J'ai vu votre proclamation avec lisir.

H Je vous remercie d'avoir conservé Toulon et Antibes, et surtout Toulon. li frémi à l'article de votre lettre où j'ai vu Tordre que vous aviez reçu du c d'AnjToulème de livrer ce dépôt précieux aux Anf^Iais. Dans le premier )ment, j'ai envoyé le maréchal Brune commander dans la 8" division. « Je délire beaucoup vous voir. Si Tétat de votre santé ne vous rend pas oprc à autre chose qu'à retourner dans le Midi, je vous y renverrai de iris. » (Correspondance de Napole'on, t. XXVIII, p. 112.)

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