‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 53 sur 99 · AD MINISTRE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

AD MINISTRE DE LA GUERRE

COMTE D'hUNEBOURG^

Erfurt, 25 janvier 1809.

Monseigneur, j'ai reçu la lettre de Votre Excellence du

20 janvier, où vous me transmettez un article sous la rubrique

de Paris, du 18 janvier, pour le faire insérer dans une des

gazettes de l'Allemagne, sans qu'on puisse soupçonner qu'il

vient de moi.

Les intentions de Votre Excellence seront remplies. Cet article sera inséré dans la Gazette de Leipzig, J'aurai Thonneur de vous l'adresser dans quelques jours.

J'ai préféré la Gazette de Leipzig à celle de Francfort; cette dernière ville étant voisine de la France, les soupçons eussent pu porter sur les autorités françaises.

En outre, je ne sais trop comment m'y prendre avec M. Bâcher. Je lui avais envoyé confidentiellement l'article que j'ai communiqué à Votre Excellence par ma lettre du 1" janvier, pour, s'il en jugeait l'insertion utile, le faire mettre dans les journaux de Francfort. Il a écrit à M. Villemanzy trente pages de barbouillage diplomatique, auquel je n'ai rien compris, mais dont le résultat a été que l'article n'a point été inséré. Il a paru parla suite dans quelques journaux allemands.

M. Bâcher tourmente depuis un mois M. Villemanzy sur des réclamations relatives à des bureaux de révision de lettres, quoiqu'on lui ait écrit plusieurs fois (ce qui est vrai) que

1 Le minûtre de la guerre avait soumis à TEmpereur une lettre du maréchal et une demande faite par M. de Goltz, ministre d'État du roi de Prusse, pour Textradition réciproque des déserteurs; l'Empereur avait répondu de Valladolid, le 8 janvier 1809 : « Le ministre de la guerre fera connaître que cela est contre les principes de la France, qui ne fait jamais de pareilles stipulations. Le duc d*Aaerstsedt doit répondre qu*il attend mes ordres. » (Cor^ respondance de Napoléon, t. XVIII, p. 185.)

depuis ce temps ces bureaux, qui n'ont existé que quelques semaines, ont cessé toutes leurs fonctions. Si des lettres sont ouvertes, ce ne peut être qu*aux bureaux de poste des princes de la confédération.

On s'est empressé de donner une g^nde publicité à Texittence de ces bureaux, qui, si elle eût été tenue secrète, eût pu être très-utile.

Il est possible qu'il y ait eu des dénonciations plus ou moins calomnieuses à cet égard au gouvernement; je n'en entretiendrai pas cependant Votre Excellence avant que j'en aie la certitude, l'ayant promis à M. l'intendant, dont j'ai respecté les motife qui Font porté à m'en faire la demande.

La lettre confidentielle que M. Yillemanzy m'a dit avoir écrite à Votre Excellence ces jours derniers, explique ce que ceci peut avoir d'obscur.

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