‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 123 sur 171 · DXX · texte numérisé non relu

DXX

M. I)K JlIGNK .\U duc de VlVO.XNE.

Gesso, 25 mai 1677.

Renseignements sur la garnison de Milazzo et de l'alornie. (Ms. de Polignac, année 1677, n" 144.)

J'ai reçu ce matin la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'ccrire par un de vos gardes, Monseigneur, avec une incluse pour le gouverneur de Remetta. J'apporterai toute sorte de soins pour satisfaire à ce que vous souhaitez île moi.

Hier soir, le valet de Borgia, ilont je vous ai parlé, vint sur ma parole au couvent des Capucins, où j'eus une assez longue conversation avec lui touchant les affaires de Milazzo. Il me dit que par plusieurs fois on avoit eu avis ([ue vous y vouliez entreprendre quelque chose et (|ue sur ces avis la garnison s'étoit transportée la nuit tians la vilh' hante avec tons les ineuliles et provisions (|ui étoient en bas; (jue l'élat que je lui ait montré des troupes (|ui y sont et qui est conforme à celui que je vous ai laissé étoit véritable, excepté les Milanois cju'on m'avoit dit être au nombre de quatre cents, ([ue les galères avoient apportés. Il me dit (|u'elles n'en avoient apporté que deux cents et une compagnie de cavalerie démontée ((ui étoient presque Ions des soldats IVançois renvoyés de Naples; (|ue vendiedi un (Tintre eux voulut déserter avec deux Milanois et (|ii<' 1<'S pavsans de Saponara les arrélèrenl et

les menèrent à Milazzo, où le François a eu la tête cassée et les deux Miianois ont été mis aux galères; qu'on n'a laissé aucune troupe dans Palerme; que ces trois jïalères qui sont à Milazzo y doivent porter cent cinquante hommes de Reggio et qu'il n'y a personne qui ne croie que cette campagne prochaine nous rendra maître d'une grande partie du pays.

Ce valet est follement amoureux d'une fille de Gesso qu'entretenoit le Père Minime. J'ai consenti à ce qu'ils se soient fiancés cette nuit à condition qu'ils n'épouseront point qu'il ne m'ait donné un état des troupes qu'ont les Espagnols dans ce pays ci et que j'aie eu le temps de vérifier ce qu'il m'en dira. Il témoigne d'une grande passion pour retourner à Messine, s'il peut traiter avec son ancien patron nommé Monleri, à qui il veut faire proposer une centaine d'écus.

Cette nuit, quatre cavaliers de M. de Cerisy, qui étoient ici avec leurs chevaux, ont déserté, et, quoiqu'ils pensoient emmener deux chevaux de leur capitaine assez bons, ils ont mieux aimé n'emmener que les leurs qui ne valoient rien. Les deux chevaux du capitaine, qui ont couché cette nuit dans la pâture avec les autres, s'en sont revenus d'eux mêmes à la ville. De ces quatre soldats, il y en avoit un brigadier. Je suis, avec toute sorte de respect et de soumission...

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