‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 154 sur 171 · DLIII · texte numérisé non relu

DLIII

LOL'\-0IS AU DUC DE ViVONNE.

Versailles, 30-31 octobre 1677.

« J'ai reçu les lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire les 15» et 18'' du mois passé, par les quelles le roi a vu avec beaucoup de déplaisir ce qui vous a fait manquer l'entreprise de Syracuse, dont Sa Majesté ne doute point que vous ne vous fussiez rendu maître, si la mer ne vous avoit point été si contraire qu'elle l'a été. Elle attendra avec impatience d'apprendre par vos premières lettres ce que vous aurez pu entreprendre pendant le reste de la campagne, Sa Majesté ne pouvant voir qu'avec un déplaisir sensible qu'une dépense et des efforts aussi extraordinaires que ceux qu'Elle a faits soient demeurés inutiles ', et comme, vu l'état présent de ses affaires. Sa Majesté ne vous peut point envoyer plus de troupes que vous en avez présentement et que tout ce qu'Elle peut faire est de leur faire passer des recrues, Elle m'a commandé de vous demander votre avis sur la continuation de la guerre de Sicile, c'est

— Le comte Balbo, gouverneur de Reggio, promit au cardinal Porto-Carrero d'aller mettre le feu aux vaisseaux dans le port de Messine (Gazelle, de Naples, 6 octobre 1G77). 11 voulut mettre son projet à exécution et à grands frais prépara un bateau incendiaire. Mais ceux qui le remorquaient y mirent le feu trop tôt (nuit du 28 janvier IG78) et la tentative échoua, causant chez les Espagnols un vif désappointement iGalatti, op. cit., p. 293).

Le 26 octobre, le roi avisait Vivonnc que le duc de Caraastro, gouverneur de Syracuse, étar.t mal dans ses affaires, il serait possible de faire avec lui un traité avantageux pour le roi (Arch. nat., loc. cit., fol. 312).

1. A un mois de distance, Louvois revenait sur le sujet qu'il avait déjà traité en des termes à peine diflérenls ; cf n" DXLVIII.

à dire [si], les forces des ennemis' et la difficulté du pavs continuant h vous empêcher de rien entreprendre avec le corps <|uo vous ave/., Sa Majesté ne pourra pas disposer de la plus grande partie des troupes (|ui le composent |)our l'employer contre la Calaloj,'ne ou contre le .Milaiiois dont Elle put espérer plus de fruit.

« En ce cas lii. Sa .Majesté ilésirecjue vous lui mandiez le nombre de com|)aj(iiies de cavalerie, d'infanterie et de dragons dont vous croirei avoir besoin pour maintenir les postes (pie vous juf^erez à propos de garder en Sicile et de quel nombre do troupes Sa Majesté pourroil disposer pour les employer ail'eurs. C'est sur (|uoi Sa Majesté attendra de vos nouvelles avec beaucoup d'impatience''...

« Le roi sera bien aise que vous continuiez à faire passer en France tous les rendus qui viendront des ennemis et de les cnvover au commissaire Lcnfant (|ui a les ordres nécessaires de les engager à prendre parti. »

Le roi ne veut pas (pit; Vivomir cntrelienne à Messine

1. (les forces, d'après la Gazette, étaient très diminuées par la désertion, les privations, la luésintelligence entre les principaux olficiers de terre et de mer. Les officiers de cavalerie à Hegf;io menavaienl de quiller le service s'ils n'étaient payés. Le cardinal l'orto-Carrcro, vice-roi, tentait sans grand succès de les faire patienter. En plusieurs places, la garnison espagnole et les bourgeois se détestaient ot en venaient aux raains. En aoi'it, <|uel([»es renforts venant de Milan et de Naples parvinrent à l'alerme (Gazelle, de Naples, 20 août).

2. Par cette lettre qui ne laissait rien ignorer de tout le mécontentement du roi à l'égard de Vivonne, Louvois marquait que l'expédition de Sicile, coûteuse et infructueuse, était virtucUeinent terminée. Le même jour, Louvois écrivait à d'Oppède : « Je vous adresse une copie de la lettre que j'écris à Mgr le duc de Vivonne, tant pour vous informer de ce que je lui mande que pour avoir votre avis en votre particulier sur ce qu'elle contient, sans lui témoigner que je vous ai rien fait savoir » (A.rch. de la Guerre, ibid., fol. 727).

plus de cinq cents Messinois. Il ne donnera pas la char^'e de juge de la monarchie au Père Fardella, sur l'avis de Vivonne.

Louvois réponit à diverses questions d'ordre administratif. — (Arch. de la Guerre, vol. 528, fol. G75 et 733.)

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