Il s'agit d'une attaque man(piée
[16761 nr MARÉCHAL DE VIVONNE. '(S
d'une très f^rande conséquence. Nous vous en demandons tous justice.
Di' trois bri^'aiilins qu'il y avoit, il n'en est entré (|UL' deux, je le viens d'a|)prendre de six Allemands (|ui se sont venus rendre tout à l'heure. Ils disent t|u'il n'v a que huit charges de farine et deux de biscuit, de la poudre et des boulets; ils m'ont encore confirmé le désordre (lue le canon des vaisseaux a fait à Scaletla. Il est du tout nécessaire de recommencer aujourd'hui. C'est le seul moyen de venir a bout de la place.
Nous ne pouvons plus du tout résister au temps et à la fatigue. Nos soldats n'en peuvent plus et se cachent partout pour ne point aller à la garde de tranchée. 11 en manquoit hier prés de cent, le reste n'a pas le tem|)S de se sécher; et aussitôt qu'ils arrivent il faut ([u'ils remontent. Je n'ai pas assez de monde pour résister à cette fatigue. Et si vous ne nous envoyez quelques bataillons, je ne puis vous répondre de rien, et il en peut arriver de grands accidents.
Lfs Allemands (jui sont venus disent qu'ils sont à tout moment sur le point de se révolter, et que leurs otiiciers ne les retiennent (ju'en leur disant qu'il leur vient (juatre mille hommes de secours.
J'oubliois de vous dire qu'il y avoit onze chaloupes au lieu de six que vous aviez commandées; le frère de M. de Montreuil n'est coupable de rien, je vous l'envoie seulement pour vous dire comme la chose s'est passée. Nous vous supplions, Monseigneur, de nous envoyer au moins deux bataillons, atin ijue nous puissions avoir deux jours de bon et qu'ils viennent dès aujourd'hui. La canonnade des vaisseaux et des
galères, s'il est possible, esl d'une trop jurande consé(iuence pour ne vous supplier pas encore une fois de la faire taire. Nous n'avons pas mis cette nuit une pièce de canon en batterie faute de planches pour faire la plate forme*, il y eut hier douze hommes de tués à votre sortie.
Je suis...
Le duc de VivONPTO aux jurats de Bauso-.
[Devant Scaletta,] 4 novembre 1676.
« M. de Vivonne écrit aux jurais de Hauso qu'il s'informera des déportemenls de M. d'Audijos et que s'il trouve qu'il ait manqué, il leur en fera réparer le dommage. » — (Ms. de Poligaac, année 1676, n" 167.)
CCCLXXII.
Costebelle au duc de Vivonne.
Du poste du Crucifix, 4 novembre 1676.
Costebelle a appris par des espions qu'il n'y a « pas un chat » à Limina; les habitants de ce village attendent deux ou trois cents paysans que leur seigneur doit recruter sur ses autres terres.
Costebelle craint que les Messinols qui doivent garder le passage dans ia montagne ne désertent à l'approche de
1. Comme on l'a vu (p. 38, n. 4), Vivonne commanda au premier des vaisseaux qui croisaient devant Scaletta d'envoyer le matériel nécessaire pour traîner le canon aux batteries (fbid., n" 161).