‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 82 sur 171 · Finalmarina, près de Gênes · texte numérisé non relu

Finalmarina, près de Gênes

[1677] 1>L' MAKKCllAI. DE VIVONNE. IC9

CCCCXLIII.

Lk duc de Vivonxk a Seigxki.ay.

Messine, 28 janvier 1677.

Vivonno rend compte de la croisière de Du Quesnc', de la capture du vaisseau, la Panle, et de l'état de la flotte française qui a un urgent besoin de radoub. Du Quesne demandait à poursuivre les vaisseaux ennemis qui allaient quérir des troupes h Gènes, mais Vivonne ayant appris l'arrivée de renforts d'infanterie et de cavalerie à Milazzo, crut (ju'il était trop tard et le fit revenir à Messine.

« Depuis qu'ils y ont tous été arrivés, j'ai été éclairé au vrai (|ue les troupes qui étoit arrivées à Milazzo ne sont point celles (lue les ennemis ont été quérir à Gènes. De sorte que, pour ne pas manquer à mon devoir et pour satisfaire au juste désir de M. Du Quesne, j'ai fait incessament raccommoder les navires, je leur ai tous fait prendre des vivres et je les fais ressortir demain pour aller sur les avenues de Palerme y attendre les ennemis ou les y aller chercher où ils croiront les rencontrer.

« Je n'entre point. Monsieur, dans le détail des dommages que les vaisseaux de cette escadre ont soufferts dans ce voyage par le mauvais temps, parce que je sais que M . Du Quesne vous en doit rendre compte exact par ses lettres. Je m'arrêterai seulement h vous dire qu'il y a nécessité que Sa Majesté s'explique par quelque règlement sur toutes les choses que je me suis donné l'honneur de vous écrire par

1. Du Quesne était parti le 17 décembre « dans le dessein de chercher des ennemis ou de faire quelques prises dans leurs mers », mais le mauvais temps le contraignit, comme on l'a vu, à relâcher dans un port de Sicile, sans avoir pu faire autre chose que la prise de la Paule.

l'^O CORRESPONDANCE [1677]

mes précédentes louchant la prétention du corps des vaisseaux sur celui des galères. Il me paroit que les aflFaires s'échauffent entre les capitaines de part et d'autre, et je suis bien aise que Sa Majesté décide des différends de cette nature afin que les ordres du maître terminent souverainement et au dernier ressort, pour ainsi dire, des différends <]ui brouillent son service. Je ne vois que ce seul moyen de me délivrer des embarras où je me trouve. »

Vivonne demande l'envoi d'ordres à Toulon pour l'armement du Pompeux. — {Minute : Bibl. nat., Fr. 8033, fol. 34; Ms. de Polignac, année 1677, n" 19.)

CCCCXLIV.

Le duc de Vivonne a Du Quesne.

Messine, 31 janvier 1677.

Ordre d'aller chercher et combattre les vaisseaux ennemis sur les côtes d'Italie, puis de se rendre à Toulon pour y faire réparer trois vaisseaux. — {Minute : Fr. 8033, fol. 38; Ms. de Polignac, année 1611, n° 20.)

Il est ordonné à M. Du Quesne, lieutenant général des armées navales de Sa Majesté, de partir incessamment avec les vaisseaux le Saint Esprit, le Saint Michel, le Pompeux, le Vcrmandois, VËclatant, le Téméraire, le Parfait, le Prudent et la galiote du roi pour aller chercher les navires des ennemis qui sont allés chercher des troupes à la côte d'Italie. En cas qu'il les rencontre en lieu où il puisse les attaquer, il les combattra ou, ne le pouvant faire, il fera tout ce qui sera en son pouvoir pour les empêcher de débarquer les dites troupes en Sicile. Que si après avoir fait les diligences nécessaires sur ce sujet il apprenoit qu'ils fussent repassés en Sicile, et (|u'ainsi il n'y eût

[16771 01^' MARECHAL I)E VIVONNE. Hl

plus moyen d'exécuter le dessein ci dessus, il s'en ira avec les dits vaisseaux le Saint Espi-it, le Prudent et le Parfait à Toulon pour ihan-er le dit v;ùsseau le Saint Esprit et poui- faire radouber et reniàter les autres trois afin de pouvoir i-evenir ici en toute diligence. Et quant aux autres quatre navires et la galiote, il les renvoiera à Messine sous le commandement de M. le marquis de Preuilly. Fait à Messine, le dernier janvier 1677.

Ordre de Du Quesxe.

Messine, 31 janvier 1677.

« Route et rendez-vous de l'escadre des vaisseaux du roi qui sort présentement de Messine sous le commandement de M. Pu Quesne, lieutenant général des armées navales de Sa Majesté. » — (Ms. de Polignac, année 1611, n° 21.)

Le dessein étant d'aller à la rencontre des vaisseaux espagnols (jui. suivant les avis (lue l'on a, sont a la côte d'Italie pour y prendre des troupes ou sur leur retour pour venir à l'alerine, après être sorti du Phare l'on fera la route vers l'ile d'Ustica\ environ nord et sud de Palerme, et de là l'on ira droit chercher Monte Crislo, et, en cas que sur cette route l'on fût chargé d'un coup de vent contraire du nord-ouest ou du nord-est et (|iie l'on ne fut pas assez élevé pour avoir (luaraiile huit laures de dérive, l'on relâchera à l'ilf lie l;i l^lvig^alla^ pour en ressortir incessamment

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