NON PUBLIÉE
[L^IIon. E. Caron à VFIon. L. IL Lafonlaine.']
Québec^ 24 Octobre, 1845.
Mon cher ami,
L'assemblée publique que nous avons eue hier au sujet du chemin de (er entre Halifax et Québec, ayant duré plus longtemps que je ne pensais, je n'ai pu vous écrire hier ainsi que je vous l'avais dit par ma note d'avant hier. Je m'acquitte aujourd'hui de cette promesse et aussi de celle que je vous avais faite il y a déjà quelque temps de vous faire p^'-rvenir copie de la lettre que j'ai écrite à M. Draper en réponse à la communication qu'il m'avait faite, et dont je vous ai fait part'. Si je ne vous ai pas envoyé cette copie plutôt, c'est que j'ai vu sur le Pilot et la Minerve quelque chose qui m'a fait croire que notre correspondance avait pris vent, et qu'il y avait dans la confidence un plus grand nombre de personnes que celles dont vous m'avez parlé d'abord. Je ne me suis pas formalisé de la chose, vu que je ne vois rien à blâmer dans ce que j'ai fait ; mais comme j'étais d'avis qu'il était mieux pour le succès de l'entreprise qur; le plan fut mûri avant que de devenir trop publie, j'ai cru devoir retenir n...a lettre jusqu'à l'arrivée de Morin qui est arrivé ici depuis quelque temps et à qui je voulais parler de l'affaire et lui remettre la lettre, d'après l'expiicatieu qu'il me donnerait. l\Iais Morin ne venant pas, et votre note du 20 me sommant de tenir ma promesse, je le fais très-volontiers, m''en rapportant entièrement à vous quant à Vusage que vous ferez de celte lettre.
Depuis l'arrivée de M. Draper à Montréal, j'ai reçu de lui une note, dans laquelle il accuse réception de ma lettre, qui ne lui a été remise que depuis son retour ; il m'y remercie de la franchise avec laquelle je lui ai parlé ; sans émettre d'opinion, il me dit que le sujet est de la plus haute importance et requiert la considération la plus sérieuse ; qu'avant de répondre avec l'abandon dont j'ai usé avec lui, il doit consulter et réfléchir : qu^ausitôt que ces consultations et réflexions auront eu lieu, faurai de ses nouvelles que je cous traitsmettrai de suite
Je me ferai un plaisir de communiquer à Aylwin, à la première occasion favorable, notre correspondance, ainsi que celle que j'ai que avec M. Draper; je ne lui ai pas encore parlé de PafFaire, car il me semblait que la chose viendrait mieux de vous à qui je m'étais adressé comme chef de l'ancienne administration, et comme le chef du paiti que l'on parait désirer vouloir se rattacher. Mais puisque vous le désirez, je verrai Ayhvin ; je voulais le faire hier^ maLs je n'ai pu le rencorurei-.
Quant à Messrs. Taché, Chanveau et Cauchon que vous mentionnez dans votre note, c'est de vous ou de Morin que doit venir l'ouverture ; quand la chose sera faite, vous pourrez les référer à moi, je leur doimerai toutes les informations que je possède ; mais j'ai objection à faire les premières démarches; je suis d'avis que la chose ne devrait pas leur être cachée ; ce serait mal de le faire, mais j'ai mes raisons pour croire que la coinmanication devrait leur être faite par vous, ou du moins par Morin,
Ma lettre à M. Draper vous fera voir que comme vous, je suis d'avis que l'administration pour cette partie de la Province doit être reconstruite, et que M. Draper doit insister sur la chose.
Tout à vous,
(Signé) R. E. CARON