‹ Correspondance entre l'Hon. W.H. Draper & l'Hon. R.E. Caron]Chapitre 9 sur 9 · PRÉCIS · texte numérisé non relu

PRÉCIS

De la Correspondance tant verbale que 'par écrit, qui a eu lieu entre M. Caron et M. Draper cf une part, et enirele même et MM. Lafontaine et Morin, d'autre part.

Juillet 1, 1845. — Conversation entre MM. Draper et Caron, à Québec, regardée par ce dernier comme confidentielle, et dont le contenu n'a été communiqué à personne avant le commencement du mois de Septembre suivant.

Août 1. — Quelque temps après M. Draper écrit à M. Caron, une Note privée dans laquelle, lui rappelant cette conversation, il lui fait quelques questions auxquelles M. Caron l'informe par une note, qu'il répondra à Montréal.

Août 1. — Conversation à Montréal dans laquelle M. Draper charge M. Caron, de consulter ses amis. (Le précis de cette conversation se trouve dans la lettre à M. Lafontaine du 7 Septembre.

Septembre 7. — Lettre à M. Lafontaine contenant le précis de cette conversation.

Septembre 8. — Autre lettre au même sur le même sujet, et expliquant la première, contenant le paragraphe suivant : Il n'est pas nécessaire de vous dire, que ma lettre Whier est d'une natiire confidentielle ; qiL'elle ne doit être communiquée qu'à Morin et à tels autres amis dont vous êtes sûr, puisque si la démarche entreprise était sans résultat, il serait mieux pour tout le monde que la chose restât entre nous."

Septembre 8 — Première lettre de M. Draper, l'informant que l'affaire est en progrès.

Septembre 10. — Réponse de M. Lafontaine. (En même temps M. Morin vient à Québec, et, de sa part et de celle de M. Lafontaine, donne à M. Caron diverses explications dont il fut pris et gardé note par ce dernier, lesquelles explications avec la lettre de M. Lafontaine ont servi d@ base à celle écrite à M. Draper le 17 de Septembre.)

Septembre .17. — Lettre à M. Draper, (copie en a été envoyée à M. Lafontaine SUT demande par lui faite dans sa lettre du 20 Octobre, donnant pour raison d'avoir cette lettre en sa possession, la crainte de parler sans savoir de ce qu'elle contenait.)

Octobre 16. — Lettre de M. Draper, accusant la réception de celle du 17 Septembre.

Octobre 20. — Lettre de M. Lafontaine, demandant copie de celle à M. Draper du 17 Septembre.

Octobre 24. — Lettre de M. Caron, en réponse, disant que copie de cette lettre n'a pas été envoyée, paFcequ^il croyait avoir remarqué quelque chose dans la Minerve et le Pilot qui indiquait que l'affaire avait été com-

niuniqnée à plus de personnes qu'on en était convenu. (La lettre du 17 est alors envoyée à M. Lafontaine à qui l'on recommande de nouveau beaucoup de discrétion.)

Octobre 26. — Lettre de M. Lafontaine accusant réception de la précédente, ainsi que de la réponse de M. Draper du 16 Oct., et dit que ce qui a paru sur la Minerve et le Pilot ne regarde pas l'affaire en question. (Vers ce temps, le Rédacteur du Pilot vient à Québec et dit à M. Caron qu'il a vu toute la correspondance.)

îlovEMBJRE 19. — Seconde lettre de M. Draper en réponse encore à celle du 17 Septembre et promise dans sa lettre du 16 Octobre précédent, laquelle n'était marquée ni privée ni confidentielle ; cette lettre du 19 Nov., marquée confidentielle est comme l'autre envoyée à M. Lafontaine.

2iov£MBRE 24. — Lettre de M. Morin annonçant que M. Lafontaine se retire de l'affaire, promet une longue lettre qui n'a pas été envoyée, fait quelques observations sur la lettre de M. Draper, prie M. Caron d'aller à Montréal, pour s'entendre avec son correspondant, désire savoir quelle détermination M. Caron a adoptée, sans parler des siennes qu'il se réserve de donner ensuite, et promet que quoique M. Lafontaine soit retiré de l'affaire, ses conseils ne manqueront pas.

îîovEMBRE 24. — Autre lettre de M. Morin annonçant le départ du Gouverneur Lord Metcalfe ; recommande de la prudence à raison de cet événement, et demande de nouveau M. Caron à Montréal.

NoTïMBRE 24. — Billet de M. Draper annonçant aussi le départ de Lord Metcalfe, et dit qu'il donne cette information au cas où cet événement aurait l'effet de changer les opinions de M. Caron sur le sujet de la correspondance qui avait eu lieu jusqu'alors.

Jf OTBMBRE 25. — Lettre de M. Caron à M. Morin, annonçant que la mission de M. Caron est finie, qu'il en informe M. Draper, et qu'il n'ira pas à Montréal.

^OTKMBRE 26. — Lettre à M. Draper l'informant que M. Caron se retire de l'affaire, et réfère M. Draper aux chefs du parti qui ont été consultés à Montréal.

y«viiiER 19, 1846. — Note à M. Lafontaine accompagnant copies de quelque» parties de la correspondance qu'il n'avait pas et qu'il avait demandées. M. Caron lui dit qu'il compte sur sa discrétion quant à l'usage qu'il fera des lettres qu'il lui a transmises.

'Mabs — M. Caron rencontre à Montréal, à la cour de justice, M. Lafontaine, qui de suite lui donne à entendre qu'il se propose de publier la correspondance. M. Caron lui en témoigne sa surprise, et pour s'entendre sur ce sujet, il est fixé pour le lendemain, chez M. Lafontaine, un rendez-vous auquel devait assister M. Morin. M. Caron s'est rendu à l'heure convenue, et a rencontré MM. Lafontaine et Morin. M. Lafontaine a de suite paru préparé, sans consultation préalable, à écrire l'ordre et la manière dans lesquels devait se faire la publication. Objection de la part de M. Caron prétendant

1 . Que l'on n'avait pas le droit de publier sans son consentement.

2 ® . Que ce conaentement il ne le donnerait que dans le cas où ouïe convainquerait d'abord qu'il pouvait le faire convenablement et en justice envers l'autre parti, et ensuite qu'il en résulterait de l'avantage pour le pays. Les raisons données par MM. Lafontaine et Morin parurent être insuffisantes ; cependant, M. Caron promit d'y penser et de donner réponse plus tard.

Mars 10. — l-ettre à M, Lafontaine contenant cette réponse qui est négative ;

contient les raisons de refns, allègue que si la publication est faite en vertu du droit que MM. Lafontaine et Morin prétendaient avoir de le faire comme étant principaux dans la correspondance, tandis que M. Caron n'était que leur agent, (prétention émise dans la conversation ci-dessus), lui, M. Caron, se reservait le droit de dire que la chose avait été faite sans son consentement et contre son avis.

Mars 11. — Lettre de M. Lafontaine annonçant une plus longue réponse pour rectifier des inexactitudes et revendiquer la justice due à ses amis et à lui-même. Cette lettre demande si le refus de M. Caron de consentir à la publicité de la correspondance s'étend à tous les cas possibles où il (Mr. Lafontaine) pourrait, diaprés les usages constitutionnels^ et surtout en sa qualité de membre de la Chambre^ être appelé. à PARLER de cette correspondance.

Mars 14. — Note à M. Lafontaine en réponse à la précédente, qui aussi demandait quelques extraits de lettres et quelques explications, dit que M. Caron donnera volontiers les extraits et explications demandés, et pour tâcher de s'entendre une bonne fois, il offre une seconde entrevue.

Cette entrevue a lieu chez M. Caron le sur -lendemain en présence de M.Morin. M. Caron manifesta le désir de savoir ce qu'on entendait par les cas possibles, les usages constitutionnels, &c., dont il était fait mention dans la lettre de M. Lafontaine du 11. La réponse en substance fut que ces cas pouvaient difficilement se prévoir, et pouvaient naître chaque jour de divers incidents qu'on n'aurait pas anticipés. Un des cas cités fut celui où M. Draper lui-même parlerait de la correspondance, ou lui donnerait autrement publicité. M. Caron ayant raison de croire que les autres cas étaient de la nature de celui-là, répondit qu'il n'entendait sûrement pas leur imposer silence dans ce cas cité ni dans aucun autre semblable. Là-dessus il fut proposé par M. Lafontaine à M. Caron de retirer sa lettre du 10 Mars. La réponse de ce dernier à cette proposition fut qu'il y penserait, et que s'il ne retirait pas cette lettre, il donnerait par écrit une réponse à la lettre de M. Lafontaine du 11 Mars.

Mars, 16. — Lettre à M. Lafontaine contenant la réponse promise à sa lettre du 11 ; mentionne l'entretien qui a eu lieu, et dit que le refus de consentir à la publication de la correspondance, (refus contenu dans la lettre de M. Caron du 10 Mars) ne s^ étend pas au cas possible où vous pourrez, d''aprcs les usages constitutionnels, et surtout en votre qualité de Membre de la Chambre d'Assemblée, être appelé à parler de cette correspondance, mais qu'il est distinctement compris au'EN pareil cas, je ne réclame nullement le droit d'exiger auE vous gardiez le silence sur le contenu de cette correspondance, qu'au contraire vous avez pleine liberté d exercer à cet égard une judicieuse discrétion tant dans votre intérêt personnel que dans^ celiei du parti auquel vous appartenez.

Mars 19. — ^Lettre à M. Draper, Pinforme que quelques-imes'de ses lettres et de» lettres de M. Caron ont été envoyées aux amis qu'il avait consultés, lui dit qu'il a considéré ce mode de communication, vu qu'il demeurait à une distance, comme plus facile ; ajoute qu'il ne !?ait pas quel usage ils en feront, mais qu'il croit de son devoir de lui donner cet avis, afin que dans le cas où ces lettres seraient rendues publiques, il (M. Draper) sache comment et pourquoi elles sont sorties de ses mains (M. Caron.)

Mars 19. — Lettre de M. Draper en réponse à la précédente, dans laquelle il se plaint bien fortement de ce que ses lettres ont été transmises à des tiers sans son consentement.

Mars 22. — Note de M. Lafontaine laissée au logis de M. Caron, tard le soir, avec un précis préparé par M. Lafontaine, contenant le résumé en somme de deux lettres do M. Caron en date des 7 et S Sept. ; la note disant (qu'il M. Lafontaine,) était venu pour lire ce précis avec M. Caron, que ne le trouvant pas, il le lui laissait en le priant de le lui renvoyer s'il convenait, à honiip. heure le Lendemain, et ajoute que la forme adoptée lui parait la meilleure.

Mars 23. — Lettre à M. Lafontaine ; on lui renvoie son précis en disant qu'il ne convient nullement ; on ajoute que si, en vertu de la judicieuse discrétion qu'on lui a reconnue le droit d'exercer dans les cas possibles oit il pourrait être appelé à parler, <^'C., il jugeait à propos de publier la correspondance, M. Caron préférait qu'elle fut publiée telle qu'elle avait été écrite, intimant cependant son désir que certaines parties de ces lettres fussent retranchées lors de la publication, non. parcequ'il croyait avoir écrit ce qui n'était pas vrai, mais parceque toute vérité n'est pas toujours bonne à dire.

A cette époque les journaux ont annoncé que les Membres de la Chambre soutenant l'administration s'étaient assemblés ; qu'on leur avait communiqué et expliqué la correspondance ; qu'il y avait aussi eu une assemblée des Membres de l'opposition dans laquelle les lettres en la possession de M. Lafontaine avaient été lues ; sur ces mêmes journaux l'on faisait du tout des rapports plus ou moins faux et ridicules, et les choses étaient représentées généralement tout autres qu'elles étaient en réalité : pour ces raisons, M. Caron qui était la seule de toutes les parties qui fut en possession de tous les papiers dont se composait cette correspondance, crût qu'en justice à lui-même, et dans l'intérêt de tous ceux qui y avaient pris part, il devait la publier en entier, et à cette fin le

5 AvuiL — il écrivit à M. Lafontaine une note le priant de lui passer copie des

lettres des 7 et 8 Sept, écrites par lui M. Caron, (les copies qu'il avait n'étant pas tout-à-fait correctes et conformes à celles qui étaient entre les mains de M. Lafontaine qui a envoyé copie de ces lettres de suite sans observations.) M.Caron,sachant qu'il ne devait pas faire la publication sans l'assentiment des autres parties à la correspondance, écrivit à M. Lafontaine, non pour lui demander son consentement à une publication qu'il sollicitait depuis longtemps, mais en lui remettant les papiers qu'il lui avait prêtés, M. Caron lui adressa sa lettre du

6 Avril — l'informant que d'après des circonstances nouvelles survenues depuis

peu, il s'était décidé à faire en son nom la publication désirée. M. Caron ajoute qu'il ne demande pas son consentement ni celui de M.

Morin, parcequ'il connaît leur opinion sur le sujet ; dit qu'il omettra les notes privées et amicales, à moins que M. Lafontaine ne désire le contraire,et M. Caron soumet à M. Lafontaine la convenance de retrancher de sa première lettre (lettre de M. Lafontaine du 10 Sept.,) le nom de diverses personnes très-respectables qui y sont nommées sans grande nécessité, et pour qui il devrait être désagréable d'être ain^i traduites devant le public.

Avril 6. — Lettre de M. Lafontaine en réponse à la précédente, dit que la lettm qu'il vient de recevoir de M. Caron le soulage d'un grand embarras ; la correspondance lui paraît plus que jamais d'une nature parlementairement publique ; voyait avec bien du regret que M. Caron, dans lee derniers tems V avait considéré sous un autre point de vue ; sHl (M. Lafontaine) avait jusqu'ici différé de la manière de voir de M. Caron^ nonobstant tout ce qui avait eu lieu en parlement et ailleurs parmi les amis du parti auquel il (M. Lafontaine) appartient, c'est ce snr quoi il (M. Lafontaine) n'hésiterait pas un instant à en référer à lui-même (M. Caron). M. Lafontaine ajoute que M. Caron admet maintenant le principe sur lequel il (M. Lafontaine) s'était proposé d'agir ; que M. Caron argue Tuème de son droit de le faire indépendamment lui-même^ droit que M. Lafontaine ne conteste pas à M. Caron. M. Lafontaine croit donc qu'il n'est pas opportun de multiplier les détails sur la manière dont M. Caron pouvait donner effet à sa manièreàe voir, et M. Lafontaine laissant M. Caron absolument libre, il (M. Lafontaine) prend acte de ce que lui, M. Lafontaine, de l'aveu de M. Caron, devient libre de son côté, si, lui M. Lafontaine, ne Peut pas été auparavant.

Avril 6. — Lettre à M. Draper disant les raisons que M. Caron a de publier la correspondance. M. Caron espère que M. Draper partagera son opinion, et qu'il ne lui refusera pas son consentement à la publicatioiu

Avril 6. — Lettre de M. Draper. Dit que M. Lafontaine a donné avis en Chambre que le lendemain il y lirait la correspondance ; dit que pour cette raison le consentement demandé devient inutile, mais demanda lui (M. Draper) l'autorisation de M. Caron pour publier telle partie de la correspondance que M. Lafontaine ne pourrait ou ne voudrait pa« publier, et aussi pour contredire un rapport en circulation d'aprè« lequel les lettres de M. Lafontaine auraient été envoyées à M. Draper, qui y aurait répondu.

Avril 7. — Lettre à M. Draper en réponse à la précédente ; M. Caron y annoncô que la veille il a écrit à M. Lafontaine pour lui dire que lui M. Caron était décidé à publier ; que d'après une note reçue de M. Lafontaine, (celle du 6) ce Monsieur paraît avoir pris cette information pour une permission de publier lui-même la partie qu'il avait de la correspondance ; que, c'était probablement pour cette raison que M. Lafontaine avait donné l'avis en question, et M. Caron informait M. Draper^ qu'il n'avait aucune participation dans cette démarche. Sur ce que M. Draper avait dit qu'il ignorait quelle partie de la correspondance était entre le mains de Mr. Lafontaine, M, Caron donne une liste de» papiers qu'il croit être entre les mains de M. Lafontaine et accorde % M. Draper les autorisations qu'il demande.

ArmL 7. — Lettre à M. Lafontaine, accuse réception de la sienne de lâ reille^ proteste contre l'interprétation qu'il donne à la lettre de M. Caron d» même date, et lui dit que M. Lafontaine a pris acte d'un aveu imaginaire qui ne se trouve pas dans la lettre de M. Caroa.

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